Le «bitchage» peut conduire à la dépression, causer un manque de confiance en soi et, parfois même, mener au suicide.

Le «bitchage», pratique essentiellement féminine, est la base même du harcèlement psychologique. L’auteure Marthe Saint-Laurent publie Le «bitchage» – Guide de survie.

Marthe Saint-Laurent n’en est pas à son premier ouvrage sur le «bitchage». Après son premier essai, l’auteure et conférencière, qui a elle-même été victime de «bitchage» en début de carrière, propose son nouveau livre Le «bitchage», Guide de survie, un outil pratique pour prévenir ce fléau. Celui-ci s’adresse aux hommes et aux femmes, gestionnaires et employés de manière à contrer de cette pratique destructrice. Métro s’est entretenu avec Marthe Saint-Laurent pour en savoir plus sur ce phénomène, qui se pro­duit dans beaucoup d’entreprises et qui touche essentiellement les fem­mes.

Pourquoi avoir écrit un livre sur ce sujet?

Tout a commencé l’année dernière, après la parution de mon premier livre, Ces femmes qui détruisent… les femmes – les ravages du «bitchage». Plusieurs lectrices sont venues me raconter leur histoire, qu’elles aient été victimes ou bourreaux. Et m’ont fait comprendre que les femmes se détruisent souvent entre elles. C’est devenu un fléau dans les entreprises. J’ai pu constater que ça nuisait énormément à la carrière des femmes.

Est-ce que les hommes sont aussi touchés par le «bitchage»?

Bien sûr qu’il y a des hommes qui sont venus me dire qu’ils avaient subi ça de la part de femmes. Certains hommes de la communauté gay m’ont dit qu’il y avait beaucoup de «bitchage» dans leur milieu, mais effectivement, c’est typiquement féminin, tous les domaines de travail confondus. 98 % des femmes qui sont venues acheter mes livres dans les salons m’ont dit qu’elles étaient victimes d’autres femmes. Certaines m’ont confié avoir «bitché»  au point de faire congédier leurs collègues.

Comment les «bitcheuses» justifient-elles leurs actes?

Ce sont souvent des femmes qui ne sont pas bien dans leur peau, autant sur le plan physique que psychologique ou émotionnel. Elles sont mal, manquent de confiance en elles et sont frustrées. Ces frustrations deviennent une bonne raison de tempêter contre leurs collègues. La première a avoir porté ce fait à mon attention m’a dit qu’elle était jeune, qu’elle n’avait pas confiance en elle et qu’elle s’est sentie menacée par la personne qui avait été embauchée et qui avait une belle personnalité. Elle a tout fait pour la faire congédier. J’ai également rencontré une femme qui m’a raconté avoir été agressée verbalement par une de ses collègues. Et pour se défendre, elle a commencé à mémérer, et la victime est devenue le bourreau.

Quels conseils peut-on donner aux victimes?

Je donne 25 conseils préventifs dans mon livre, mais si je devais donner 3 conseils essentiels, ceux-ci seraient : en parler et ne surtout pas le garder pour soi, il ne faut pas agir en victime. Ensuite, il faut idéalement identifier le bourreau et le confronter et rétablir les règles du jeu. Si après ça, ça persiste , on peut demander une entrevue avec le gestionnaire et, s’il ne fait rien, il reste les syndicats, s’il y en a.

Quelles conséquences peut avoir le «bitchage» sur le quotidien d’une victime?
Ça peut aller jusqu’au suicide. C’est l’intégrité de la personne qui est atteinte et la confiance en soi. Les victimes sont souvent démolies sur le plan psychologique, sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan personnel. Elles arrivent à un stade où elles ne voient plus la lumière au bout du tunnel. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’un travail ne vaut pas une santé. S’il n’y a pas de solution d’entente, il faut peut être envisager de quitter plutôt que de tomber malade.

Le «Bitchage» – Guide de survie
Béliveau Éditeur
14,95$

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