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Les robots-conseillers gagnent en popularité. Plus d’une douzaine de firmes, dont des institutions financières, offrent aujourd’hui la possibilité d’investir en ligne sans avoir à interagir avec un professionnel.

«Les gens adorent nous appeler robot-conseiller, mais derrière il y a des humains!» rappelle An Tran, directrice de WealthSimple au Québec. Ces plateformes automatisées permettent aux investisseurs de faire des transactions à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et parfois même d’obtenir des conseils en ligne.

Elles ne se valent toutefois pas toutes. Si certaines offrent la possibilité de s’entretenir avec un représentant, d’autres se concentrent sur le rééquilibrage des portefeuilles. Mais qu’on se rassure: les robots-conseillers conservent leurs obligations légales et sont réglementés par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ils doivent également exercer leurs activités par le biais d’un représentant-conseil, qui s’assure que les profils d’investisseur générés à l’aide d’algorithmes correspondent aux portefeuilles qui leur ont été attribués, précise l’AMF.

Pour qui?
«Nos plateformes séduisent les 25-45 ans qui achètent sur Amazon et commandent des Téo Taxi», illustre Mme Tran, qui estime que les robots-conseillers ont une mission d’éducation financière.

«C’est un bon outil pour se familiariser avec les placements et pour commencer à épargner», estime pour sa part Maud Salomon, représentante en épargne collective chez Mica Capital. Cette technologie s’adresse non seulement au jeune diplômé qui veut mettre 50$ par mois dans ses REER, mais aussi à l’investisseur aguerri qui désire diversifier ses actifs en économisant sur les frais de gestion. «On propose aux gens de réviser gratuitement les portefeuilles qu’ils détiennent chez un autre conseiller et de faire le point sur leurs performances», continue Mme Tran.

Comment ça marche?
Tout comme un conseiller en chair et en os, le robot va établir un profil d’investisseur à l’aide d’un questionnaire, puis attribuer un portefeuille qui respecte la tolérance au risque et les objectifs de placement. Ces portefeuilles, généralement composés de fonds négociés en bourse (FNB), sont ensuite rééquilibrés selon la situation de l’investisseur et l’évolution du marché.

Les avantages
«On ne peut pas contrôler le marché, mais on peut avoir le plein contrôle des frais de gestion qu’on paie, pense Mme Tran. Ça a une incidence énorme sur nos finances personnelles.» La construction des portefeuilles, en général composés de FNB gérés passivement, est en effet moins coûteuse que celle des portefeuilles de fonds communs de placement. La formule technologique et de service sur demande permet aussi de réduire ces frais de façon significative. «Si vous possédez un CELI de 
50 000$, la différence entre 
0,5 et 2% de frais, sur 20 ans, sera de 20 000$», calcule Mme Tran.

Par ailleurs, les robots-conseillers peuvent être une voie intéressante pour ceux qui n’ont pas forcément de gros montants à investir. Des sociétés comme WealthSimple, Nest Wealth ou encore Portfolio IQ, par exemple, n’exigent aucun montant minimum. «Il n’y a aucune obligation, précise Mme Tran. C’est la liberté qui manquait dans l’industrie.» Maud Salomon pense elle aussi que ces plateformes peuvent être un outil de diversification. «Si vous avez de belles connaissances en investissement, 
amusez-vous avec les robots!»

Les inconvénients
«Quand notre situation commence à se complexifier, on a besoin de meilleurs conseils, rappelle Mme Salomon. C’est valable pour les questions fiscales ou de planification financière.» Elle estime que la valeur ajoutée des conseillers humains tient dans la relation que ces derniers développent avec leurs clients, leur permettant ainsi d’atteindre leurs objectifs à long terme. «On offre une solution globale», insiste-t-elle.

«Nous jouons souvent un rôle de psychologue, poursuit Mme Salomon. Le grand danger de l’industrie, c’est l’émotivité du client.» La conseillère en sécurité financière s’inquiète de l’impact que pourraient avoir les fluctuations du marché sur les investisseurs qui optent pour les robots-conseillers. «Si je demande à mon robot de vendre un fonds, il ne pourra pas me dire si c’est une bonne idée, conclut-elle. À un moment donné, il devient nécessaire de discuter avec un conseiller en placement.»

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