Métro Les stages non rémunérés devraient se faire de plus en plus rares.

Les étudiants effectuant un stage en entreprise risquent de bénéficier de plus de protection dans leur milieu de travail si le projet de loi C-63, déposé le 14 décembre dernier, est entériné.

Ainsi, les stages non rémunérés devraient se faire de plus en plus rares, et ceux qui vont le demeurer devront comporter certaines protections en vertu des normes du travail, notamment le nombre maximal d’heures de travail, les jours de repos hebdomadaires et les jours fériés.

«Seuls les stages correspondant aux exigences d’un programme d’études pourront être non rémunérés, précise Christopher Simard, du Bureau des relations avec les médias d’Emploi et Développement social Canada. Or, même s’il n’est pas payé, le stagiaire bénéficiera désormais de certaines protections en vertu du Code canadien du travail. Ces modifications s’appliquent aux emplois et aux industries de compétence fédérale, comme les télécommunications, les transports et les banques.»

Les modifications au Code canadien du travail en ce qui concerne la protection des stagiaires entreront en vigueur par voie de décret une fois que les règlements nécessaires auront été adoptés et que les mesures de sensibilisation et d’éducation auront été mises en œuvre.

Les télécommunications 
et la radiodiffusion
Selon une enquête de Statistique Canada menée en 2015 auprès des stagiaires – tous types confondus – dans les entreprises de compétence fédérale, on comptait 13 195 stagiaires. De ce nombre, 10 849 (82%) étaient rémunérées et 2346 (18%) ne l’étaient pas.

Parmi les stagiaires 
rémunérés, les deux tiers travaillaient dans le secteur bancaire. Les télécommunications et la radiodiffusion sont les parents pauvres des stagiaires. En effet, selon l’enquête de Statistique Canada, ces domaines regroupaient les deux tiers des stagiaires non rémunérés. Une autre tranche de 20 % de stagiaires non rémunérés œuvrait dans le secteur du transport routier.

Des coalitions en voie de formation
En février, plus de 15 000 étudiants se sont mobilisés dans plusieurs régions du Québec pour demander des stages rémunérés et l’application des protections prévues par la loi – notamment les normes du travail –, tous niveaux d’études confondus. Ainsi, des étudiants de Gatineau, Laval, Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivières ont fait la grève afin de mener des actions de visibilité sur les campus. Les coalitions régionales pour la rémunération des stages demandent la reconnaissance du stagiaire comme travailleur et l’abrogation de l’article de la loi qui permet à une organisation offrant un stage de ne pas payer ses stagiaires.

Les étudiants ont insisté sur le fait qu’en plus de ne pas être payés, ils doivent souvent se procurer du matériel pour leur stage.En moyenne, les étudiants ont des dettes oscillant entre 25 000$ et 35 000$ une fois leur baccalauréat en poche. Heureusement, le Programme d’aide au remboursement fixe des balises en limitant les paiements mensuels à 20% du revenu et en s’assurant que la période de remboursement ne dépasse pas 15 ans.

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