Denis Beaumont/Métro Dina Gilbert

À l’occasion de la Journée internationale de la musique, aujourd’hui, Métro trace le portrait d’une jeune musicienne à la carrière prometteuse, Dina Gilbert.

«Être chef d’orchestre, c’est travailler avec le côté humain de la musique, décrit-elle. C’est combiner les forces de chacun des musiciens pour atteindre un résultat artistique commun et transmettre ce résultat à un public.»

Cette chef d’orchestre de 27 ans croit avoir apporté quelque chose de spécial au monde de la musique à Mont­réal. D’abord en fondant l’Ensemble Arkea, composé de 16 à 25 jeunes musiciens animés par une même motivation : le désir de démocratiser et de rendre accessible la musique orchestrale. Ces jeunes donnent des concerts qui s’éloignent des traditions, que ce soit en les organisant dans des endroits inusités ou en combinant plusieurs formes d’art. Ensuite, Dina a dirigé des orchestres en Ontario, aux États-Unis et en Europe.

Sans contredit, elle adore son métier. «Il me permet de partager mon amour de la musique et de mener à bien des projets motivants», s’enthousiasme-t-elle. Mais être chef d’orchestre n’est pas une profession qui convient à tout le monde. «Il faut vraiment être passionné et transmettre cette passion aux musiciens avec qui on travaille, prévient Dina. Être chef d’orchestre, c’est un mode de vie 24 heures sur 24.»

Parmi les qualités requises pour être un bon chef d’orchestre, Dina mentionne la capacité de se remettre en question, l’entregent, le sens de l’adaptation et l’aptitude à gérer le stress.

Cette adepte d’Igor Stravinsky et de Maurice Ravel chemine tout naturellement vers la direction d’orchestre depuis son enfance. Elle a commencé à faire du piano vers cinq ans. Par la suite, elle a dirigé des chœurs d’adolescents en Beauce, sa région d’origine. À 16 ans, un évènement la marque énormément : elle dirige un ensemble de 45 jeunes au cours d’un spectacle au Colisée Pepsi. À cette occasion, des directeurs musicaux lui confient qu’elle a du talent.

C’est durant son baccalauréat en clarinette qu’elle suit ses premiers cours de direction d’orchestre. Elle a la piqûre et fait ensuite une maîtrise de deux ans et un doctorat de trois ans en direction d’orchestre. «Mon parcours est assez classique, mais ce n’est pas nécessaire de faire un doctorat, estime Dina. C’est l’expérience acquise qui prime.» Elle croit également en l’importance de trouver un bon professeur, un mentor qui accompagne son élève dans son cheminement personnel et le pousse à s’améliorer.

Selon elle, il est très formateur de se perfectionner en Europe. «Les chefs d’orchestre dirigent très souvent plusieurs ensembles un peu partout dans le monde. C’est donc important de se familiariser avec d’autres façons de faire», croit-elle.

Les femmes manquent à l’appel
Dina Gilbert aimerait que plus de femmes occupent des postes importants en direction d’orchestre. «On les compte sur les doigts de la main, fait-elle remarquer. Même si je n’ai jamais vécu de discrimination ouverte, j’ai l’impression que notre inconscient collectif nous dit que les chefs d’orchestre doivent être des hommes. Le parallèle le plus facile à faire, c’est avec le monde de la politique.»

Elle croit que les particularités du métier peuvent aussi avoir freiné les ardeurs de certaines femmes. «C’est sûr qu’il est difficile de concilier le travail et la famille lorsqu’on a une carrière internationale», admet-elle.

Dans le cadre de la Journée internationale de la musique, le Conseil québécois de la musique invite les médias à adopter un musicien.

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