Des enseignants épuisés, des classes difficiles, des jeunes qui décrochent… Et si une des réponses à ces enjeux se trouvait dans l’aménagement des classes?

De grandes tables de travail, des coussins pour s’asseoir au sol, un coin lecture calme, plus de dispositions possibles que le nombre d’élèves dans la classe… Lentement mais sûrement, de plus en plus d’enseignants abandonnent les traditionnels pupitres de bois placés en rang d’oignons pour créer une dynamique beaucoup plus flexible dans leur classe.

«Peu de données et d’études existent encore sur l’effet de l’aménagement de l’environnement sur la réussite scolaire, mais on commence à réfléchir à de nouveaux modèles de classes, et il y a des hypothèses et une intuition partagée par plusieurs que ça peut avoir un effet très positif sur les élèves ainsi que sur les enseignants», explique Jonathan Bluteau, professeur au Département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM, qui vient d’amorcer un projet de recherche sur la Contribution de la classe flexible à l’adaptation scolaire et sociale des élèves.

Selon un sondage sommaire réalisé par M. Bluteau, environ 800 classes seraient actuellement aménagées de façon flexible au Québec. «Et c’est probablement conservateur comme données, dit-il. Ce sont, la plupart du temps, des initiatives personnelles des enseignantes – la plupart du temps, des femmes –, et les commissions scolaires ne sont pas nécessairement au courant. C’est plus de l’ordre de l’intuition, et on voit ce qu’elles font sur Instagram, Facebook et des blogues.»

Même si la recette gagnante n’est pas encore comprise, leur intuition pourrait être bonne. Selon une étude réalisée par l‘université de Salford, au Royaume-Uni, aménager les salles de classe de façon plus flexible pourrait permettre d’améliorer le rendement des élèves de près de 25%.

Une classe qui influence l’approche pédagogique
«On pense que l’aménagement de la classe change la pédagogie, explique M. Bluteau. Dans une classe plus flexible, l’enseignant est appelé à se promener davantage, au lieu de rester devant le tableau. Il doit se mobiliser davantage pour répondre aux élèves, selon le contexte de l’environnement. On suppose que ce type d’aménagement favoriserait une pratique 
inclusive.»

Les enseignants qu’il a rencontrés jusqu’à présent lui ont tous affirmé faire beaucoup moins de gestion de comportements dans leur classe réaménagée. «Le climat de la classe est plus agréable et on répond mieux aux besoins de chacun, ce qui a selon nous un effet positif sur la santé mentale des jeunes et des enseignants et sur les performances scolaires», fait valoir le chercheur qui tentera d’apporter des réponses précises à ces hypothèses.

Un essai sur la question


Ancien chroniqueur du journal Métro, Marc-André Carignan publiera ce mois-ci un essai «dans lequel [il] tente de répondre humblement à la question : à quoi devrait ressembler l’école du XXIe siècle?»

Dans Les écoles qu’il nous faut (Éditions MultiMondes), une cinquantaine d’experts, dont des psychologues et des professeurs, mais aussi des designers et des politiciens, expliquent comment et pourquoi on devrait réinventer l’école. Lancement: 20 août

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