Métro Chaque classe compte cinq ou six élèves, et dispose d’un enseignant et d’un éducateur spécialisé.

Fondée en 2002, l’Étincelle fait partie du réseau des écoles spécialisées pour les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Entrevue avec Audrey Martin, une éducatrice spécialisée qui y travaille depuis sept ans ayant toujours le feu sacré.

Audrey MartinQu’est-ce que l’école de l’Étincelle?
C’est une école primaire de la Commission scolaire de Montréal destinée aux enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Nous sommes une ressource de bout de ligne, ce qui signifie que nous accueillons des élèves qui, à cause de problèmes de comportement plus graves, n’ont pas su s’intégrer dans les classes spécialisées qu’on retrouve dans les écoles régulières.

En tant qu’éducatrice spécialisée, quel est ton rôle?
Chaque classe compte cinq ou six élèves, et dispose d’un enseignant et d’un éducateur spécialisé. Habituellement, nous travaillons en sous-groupe. Pendant que l’enseignant travaille avec deux ou trois enfants, je m’occupe des autres. De par sa formation, l’enseignant est plutôt responsable du volet académique, tandis que moi, je me concentre plus sur le volet comportemental. Comme nous travaillons en étroite collaboration, il m’arrive très souvent de donner un coup de main à l’enseignant sur le plan académique, tout comme nous discutons ensemble des interventions comportementales.

Pourquoi as-tu décidé de travailler avec des enfants qui présentent des TSA?
Au cours de ma technique en éducation spécialisée, j’ai effectué un stage auprès de cette clientèle, et ç’a été un vrai coup de cœur. L’attitude à adopter et les types d’interventions à effectuer correspondaient parfaitement à ma personnalité.

Quels défis dois-tu surmonter au quotidien?
En tant qu’école de bout de ligne, nous avons souvent les cas les plus difficiles. Nous avons beaucoup d’enfants qui ne sont pas propres ou qui ne parlent pas. Il y a aussi des enfants qui souffrent d’hypersensibilité ou d’hyposensibilité sensorielle. Nous devons donc nous assurer que l’environnement de la classe est adapté pour eux.

«Le simple fait d’amener à un enfant à rester assis cinq minutes est un gros défi qui peut me tenir en haleine plusieurs mois.» – Audrey Martin

Quelle est ta plus belle réussite?
J’en ai plein. Cette année, j’avais un élève qui se sauvait constamment. J’ai travaillé très fort pour améliorer son comportement. Dans le corridor, par exemple, je ne lui tenais pas toujours la main, parce que c’était ce qu’il cherchait. Je lui ai aussi demandé d’apporter des papiers dans d’autres classes, pour qu’il se déplace seul dans l’école. À la fin de
l’année, il ne s’enfuyait absoluement plus!

Qu’est-ce que ces enfants t’ont appris?
Ils m’ont appris à faire preuve d’indulgence. Le simple fait d’amener à un enfant à rester assis cinq minutes est un gros défi qui peut me tenir en haleine plusieurs mois. Au début, j’avais donc l’impression que je ne leur apprenais pas grand chose. Depuis, j’ai compris que je devais me réjouir de chaque petite réussite. Je réalise aussi que, sous prétexte de leur inculquer un comportement citoyen adéquat, nous en demandons beaucoup à ces enfants. C’est bien beau de vouloir les stimuler le plus possible… mais il ne faut pas perdre de vue que ce ne sont, après tout, que des enfants!

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