Les entreprises devraient faire du cas par cas plutôt que d'émettre des généralités.

Les travailleurs peuvent se sentir floués quand un – plus souvent une – collègue qui vient de devenir parent travaille «moins» ou fait du télétravail. Première étape pour entamer un débat sain : dresser l’état des lieux.

Les mères au travail ont fait les frais de la presse internationale le mois dernier. Alors que le New York Times a posé la question du congé de maternité et des droits des femmes, NPR a analysé les différences entre les mamans qui occupent un emploi et leurs collègues sans enfant. Le magazine Forbes a aussi joint sa voix aux autres médias en publiant une série sur les préjugés inconscients (et la frustration) que les employés et les patrons entretiennent envers les jeunes mamans.

De toute évidence, la presse américaine est prête à ouvrir le débat sur la question. Comment les entreprises peuvent-elles soutenir celles (et ceux) qui choisissent d’avoir une famille tout en souhaitant rester actifs sur le marché du travail? Le sujet est tout aussi brûlant d’actualité au Québec, où un mini- baby-boom a cours depuis quelques années.

Parlons-en donc! Parlons du fait que les femmes qui se prévalent d’un horaire flexible et du télétravail, options qu’offrent de plus en plus d’entreprises, sont souvent pénalisées à long terme. En vérité, celles qui sacrifient l’équilibre travail-famille ont davantage de chances de rester au même niveau que leurs collègues sans enfants. Voire, vous savez, des hommes. Alors que le fossé se creuse entre les mamans et les autres femmes, être papa augmenterait les chances d’obtenir une augmentation.

Et ce ne sont pas uniquement les mères d’aujourd’hui qui aspirent à une meilleure conciliation de leur carrière et de leur vie familiale. Toute une génération espère changer la donne pour qu’on ne se demande plus «qui a travaillé le plus grand nombre d’heures», mais bien «qui a travaillé de la manière la plus efficace».

En tant que propriétaires de PME, patrons, collègues, parents, etc., nous devrions déterminer comment les entreprises peuvent soutenir ceux et celles qui font le choix de fonder une famille. Après tout, devenir parent est un choix. Un choix que de moins en moins d’Occidentaux font. Nous avons tous nos priorités. Je comprends que ceux qui choisissent d’avoir des enfants décident que ces derniers passent avant leur travail. Nous devrions probablement accepter que ce sont des choses qui arrivent.

Le problème, c’est qu’on suppose que toutes les mères sur le marché du travail agiront de même dès le lendemain de leur accouchement. Certaines femmes peuvent compter sur leur mari, qui reste à la maison quand les enfants sont malades. Certai­nes femmes peuvent aussi souffrir des préjugés uniquement parce qu’elles sont susceptibles de vouloir donner la vie un jour, même si fonder une famille est loin de leurs préoccupations du moment. Plutôt que de faire du cas par cas, les entreprises et les patrons généralisent.

Mener un débat aidera certainement à crever l’abcès. Peut-être qu’aujourd’hui, nous sommes en mesure d’offrir aux femmes qui envisagent la maternité un portrait plus réaliste des défis auxquels elles devront faire face. Ainsi, chaque femme pourra décider quelles sont ses priorités et ce qu’elle est prête à sacrifier. Comme le veut l’adage : «On ne peut pas tout avoir.»

Dans ce débat, entamé chez nos voisins du sud, les futures mamans québécoises partent avec une longueur d’avance. Coup d’œil sur les congés parentaux ici et ailleurs.

Quand on se compare…

  • Québec
    Dix-huit semaines de congé de maternité (70 % du salaire) suivies de 32 semaines de congé parental (55 % du salaire) réparties entre les deux parents. Au terme de ces 50 semaines, il est possible de se prévaloir de 52 semaines de congé supplémentaires sans solde. Le congé de paternité est de 5 semaines (70 % du salaire).


  • France
    Seize semaines de congé de maternité (100 % du salaire), puis deux ans sans solde à partager entre le père et la mère. Quatorze jours de congé de paternité.


  • États-Unis
    Certains États sont plus généreux, mais la loi fédérale prévoit seulement 12 semaines de congé sans solde.


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