Métro Pour résoudre le problème, les auteurs de l’étude suggèrent aux employeurs de confier le processus d’embauche à des professionnels externes.

Les hommes séduisants qui occupent des postes compétitifs provoquent de l’insécurité chez leurs collègues masculins, apprend-on dans une nouvelle étude.

Ce phénomène pourrait ralentir la progression professionnelle des hommes très beaux. Ainsi, les sosies de Don Draper ou de Justin Trudeau pourraient subir de la discrimination de la part des autres hommes, qui craignent confusément l’avantage que procure un physique avantageux. Tout le contraire de ce qui se produit pour les femmes, dont la beauté tend à favoriser l’avancement.

L’étude, qui a été réalisée par l’école de gestion UCL de l’Université du Maryland, aux États-Unis, établit toutefois certaines nuances: les hommes très beaux n’ont aucun mal à obtenir des postes pour lesquels il faut faire preuve de coopération, dans le domaine de la recherche et développement par exemple, mais ils ont moins de chances que les autres d’être retenus quand le travail à effectuer est plus compétitif, comme dans le milieu des ventes.

«Si les responsables de l’embauche craignent d’être ensuite en compétition avec les candidats très beaux, ils auront tendance à les discriminer», précise l’auteure de l’étude, Sun Young Lee, qui enseigne la psychologie du comportement en entreprise.

Dans le cadre de leur recherche, Mme Lee et son équipe ont aussi évalué ce qui se passe du côté des très jolies femmes, mais curieusement, ils n’ont pas observé le même phénomène que chez les hommes. C’est qu’on n’associe pas la beauté d’une femme à ses compétences. Selon Mme Lee, ce traitement différent selon les sexes est dû au fait que les stéréotypes relatifs à la beauté sont influencés par d’autres idées préconçues, mais liées au genre cette fois.

Pour réaliser l’étude, les chercheurs ont effectué quatre expériences auxquelles ont pris part 870 personnes. Ils ont présenté divers scénarios aux participants, qui devaient choisir un candidat pour un poste spécifique. Les curriculum vitae des candidats contenaient des qualifications professionnelles quasi identiques. La seule différence, c’était la photo attachée au CV.

«Les gestionnaires sont influencés par des stéréotypes, à leur insu, et ils prennent des décisions d’embauche en se basant sur leur propre intérêt plutôt que sur celui de l’entreprise. Par conséquent, ce ne sont pas toujours les candidats les plus compétents qui obtiennent les postes. Comme les compagnies recourent de plus en plus aux employés qu’elles ont déjà pour procéder à l’embauche de nouveaux travailleurs, il faut prêter une attention particulière à ce phénomène. En prenant conscience du fait que les responsables de l’embauche ont des motivations inconscientes basées sur des stéréotypes et sur les relations de travail qu’ils imaginent avoir éventuellement avec le postulant, les chefs d’entreprise pourront améliorer le processus d’embauche», précise la professeure Lee.

Pour résoudre le problème, Mme Lee suggère aux employeurs de confier le processus d’embauche à des professionnels externes, dont le jugement aura tendance à être plus objectif. «Et si les entreprises rendaient leurs administrateurs imputables de leurs décisions, ces derniers seraient moins tentés de servir leurs propres intérêts aux dépens de ceux de la compagnie», conclut-elle.

Aussi dans Carrières :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!