Pascal Martinez Marseille a surtout cherché à reconstruire sa «ville sur la ville» en restaurant des sites du patrimoine témoins de son passé et de son identité. La Friche de la Belle de mai, une ancienne manufacture de tabac fermée en 1990, transformée en centre d’arts et de loisirs en est un exemple.

La culture peut servir de levier de transformation.

Depuis quelques années, les Marseillais comptent les grues qui œuvrent dans leurs rues. La ville est en chantier afin de se montrer à la hauteur de son titre de capitale européenne de la culture 2013. En France, on parle même carrément de «révolution urbaine».

Depuis maintenant près de 30 ans, les villes européennes se disputent, chaque année, le titre de capitale européenne de la culture, qui est choisie pour le projet culturel qu’elle propose. Après Athènes, Liverpool, Essen et bien d’autres, c’est au tour de Marseille de voir les yeux de l’Europe et du monde entier rivés sur elle.

Parce que l’année annonce des rencontres, et des visiteurs venus de partout dans le monde, la ville choisie se doit d’être bien préparée. Pour ce faire, depuis 2008, la ville et le secteur privé ont investi plus de 600 millions d’euros dans une cinquantaine de projets culturels et artistiques : musée, centres d’art, espaces culturels et cinéma, remodelant ainsi complètement le visage de Marseille.

Quartiers en transformation
Si le Vieux-Port a fait l’objet d’un réaménagement qui laisse désormais davantage de place aux piétons, c’est, selon Silvie Allemand, responsable aux communications pour Tourisme Marseille, le quartier Euroméditerranée qui a profité de la plus grande transformation. «Euroméditerranée est une opération d’urbanisme qui a commencé il y a une quinzaine d’années mais qui, grâce à 2013, a vu l’aboutissement de nombreuses structures culturelles, mais aussi de plusieurs projets privés. Désormais, le centre-ville est déplacé au nord du Vieux-Port dans cet ancien quartier portuaire réhabilité et qui bénéficie d’un traitement particulier au niveau de l’urbanisme.»

Pour sa transformation, Marseille a surtout cherché à reconstruire sa «ville sur la ville» en restaurant des sites du patrimoine témoins de son passé et de son identité. La Friche de la Belle de mai, une ancienne manufacture de tabac fermée en 1990, transformée en centre d’arts et de loisirs en est un exemple. Puis, le J1 sur le port de la Joliette, un ancien hangar de voyageurs dont le premier étage a été transformé en espace culturel, inspiré du voyage d’Ulysse, et dédié à l’année culturelle 2013, témoigne aussi de cette volonté.

D’après Silvie Allemand, nombreuses seront les traces que laissera l’année de la culture sur la ville: des dizaines de restaurations et de nouveaux bâtiments qui ont complètement redessinés l’apparence de Marseille. «Mais surtout, la ville a gagné en notoriété; elle apparaît désormais comme une ville culturelle et non plus comme un port industriel», souligne t-elle.

Marseille a saisi une opportunité culturelle pour s’en servir comme levier qui installe une révolution urbaine qui durera bien au-delà de 2013.

Bâtiment-phare de 2013
Au cœur de l’Euroméditerranée se dresse le MuCEM. Selon plusieurs, il s’agit du bâtiment-phare de l’année de la culture. Le MuCEM, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, seul musée national délocalisé en province, est signé par Rudy Ricciotti.

D’après Silvie Allemand, il n’est rien de moins qu’une merveille architecturale: «un cube de verre recouvert d’une résille de béton qui se trouve à l‘entrée du port et qui se démarque déjà comme un signal urbain très fort. Le bâtiment moderne est relié au fort Saint-Jean, datant du XVIe siècle, par une passerelle, trait d’union entre le passé et le futur». Le musée sera ouvert au public à partir du mois de juin.

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