Archives/TC Media La déprime automnale.

Pour plusieurs personnes, les journées qui raccourcissent sont synonymes de manque de motivation et mauvaise humeur. Voici un petit guide de la dépression saisonnière pour ne pas être pris au dépourvu cet automne.

«J’ai toujours été très affectée par les saisons, raconte Laurie-Anne, une jeune blogueuse. Ça fait des années que le début de la saison grise me fait un peu peur, parce que je sais que je suis instable émotionnellement. J’ai besoin de soleil dans ma vie, au quotidien. Dès qu’il fait un peu mauvais, ou que tout se met à mourir dehors, c’est un peu moi qui meurs aussi. C’est comme si la température était entièrement connectée à mon tempérament, et qu’elle dictait mes états d’âme.»

Les causes
Nancy Poirier, psychologue à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, explique que la dépression saisonnière est causée par le changement de luminosité qui survient au début de l’automne.

En effet, le cerveau est moins stimulé en raison du manque de lumière naturelle, ce qui entraîne donc, chez certaines personnes, des symptômes qui peuvent ressembler à la dépression.

Prévention
«Depuis deux ans, j’ai choisi de ne plus me laisser mener par les saisons, ou, du moins, d’essayer. L’important c’est d’arriver à faire en sorte que les couleurs fades de la nature d’automne ne deviennent pas un fardeau dans ma vie personnelle ainsi que professionnelle. C’est difficile, mais c’est de plus en plus possible», continue Laurie-Anne.

Pour prévenir la dépression saisonnière, selon Mme Poirier, tout passe par une bonne hygiène de vie. Des choses très simples, comme ouvrir les rideaux quand on est à la maison pour faire entrer la lumière naturelle peuvent aider à prévenir les symptômes dépressifs.

Cependant, le meilleur remède demeure l’activité physique, qui permet de stimuler les «bonnes hormones», comme la sérotonine.

Prendre une marche à l’extérieur 20-30 minutes le matin ou sur l’heure du midi aide à bien commencer la journée, propose la psychologue. Les rayons du soleil vont stimuler le cerveau, tout en vous permettant de faire un peu d’activité physique.

Aller jouer dehors l’hiver permet aussi de faire des activités en famille, tout en prévenant la dépression saisonnière.

Traitement
Pour traiter la dépression, plus légère à modérée, les mêmes conseils que pour la prévenir doivent être mis en application.

Dans les cas où la dépression s’aggrave, Mme Poirier conseille de consulter un médecin pour se faire prescrire de la médication ou de la luminothérapie. Elle conseille également de consulter un psychothérapeute pour apprendre à mieux gérer les pensées négatives et apprendre à les confronter.

Il est important que les proches des personnes atteintes n’en prennent pas trop sur leurs épaules, et qu’ils connaissent les limites de leur rôle, explique Nancy Poirier.

Qu’est-ce que la dépression saisonnière?
Selon l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, la dépression saisonnière, aussi appelé trouble affectif saisonnier (TAS), est un type de dépression qui apparaîtra au même moment chaque année. En général, les symptômes débutent l’automne et se résorbent avec l’augmentation de lumière durant l’hiver ou l’été. Les symptômes les plus répandus dans le cas d’une dépression saisonnière sont la prise de poids, l’irritabilité, la difficulté à se concentrer, un besoin accru de sommeil, la sensation de jambes lourdes, le sentiment de déprime plus élevé, un manque d’énergie etc.

La cause de cette maladie n’est pas élucidée, mais plusieurs changements peuvent être en causes. Par exemple, un changement au niveau de la sérotonine, un neurotransmetteur du cerveau qui a le rôle de nous maintenir en éveil et moduler l’humeur, ou au niveau de la mélatonine, une hormone naturelle qui a de fortes influences sur vos humeurs et vos habitudes de sommeil, ainsi provoquant une cyclicité saisonnière de la dépression. Les spécialistes évoquent également les changements au niveau de l’horloge biologique: les journées sont plus courtes en automne et en hiver, ce qui amène un niveau d’ensoleillement réduit pouvant perturber l’horloge interne (le cycle circadien). Ceci peut entrainer un état de dépression.

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