Collaboration spéciale Des chercheurs utilisant les données de Cartagène

Une proportion inquiétante de Québécois souffrirait d’une maladie chronique sans le savoir.

C’est ce qu’a permis d’apprendre la première phase de Cartagène, un projet scientifique pour lequel on a recueilli une banque d’échantillons biologiques afin de mieux comprendre les maladies chroniques. La première phase de recrutement, qui avait eu lieu en 2009, avait recensé 20 000 personnes âgées en 40 et 69 ans à Montréal, à Québec, à Saguenay et à Sherbrooke.

«Cette bio-banque permet de mieux comprendre les causes des maladies chroniques, de trouver de nouveaux traitements et de mieux orienter les stratégies de santé publique», explique Catherine Boileau, épidémiologiste pour Cartagène.

Selon les résultats de la première phase du projet, près de 90% des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique légère ou modérée ne seraient pas au courant de leur état. Également, 25% des candidats souffriraient d’hypertension sans le savoir, tandis que la proportion grimperait à 50% chez ceux atteints d’hypercholestérolémie. «C’est très préoccupant, croit Mme Boileau. Cela va certainement demander une intervention pour conscientiser la population face à ces maladies.»

Selon elle, les patients et les médecins n’agissent pas de manière suffisamment préventive, ce qui retarde le dépistage de maladies chroniques. «Cartagène permettra certainement de mieux définir les sous-groupes de la population qui sont à risque de développer une maladie chronique, estime Mme Boileau. Les médecins de famille pourront donc recommander un dépistage précoce pour les gens concernés.»

Afin d’assurer une meilleure représentativité de la province, Cartagène souhaite recruter 17 000 nouveaux participants – dont 10 000 à Montréal –, notamment dans deux nouvelles régions, soit Gatineau et Trois-Rivières. Plus de 300 000 personnes seront donc contactées dans les prochaines semaines dans les six régions pour solliciter leur participation.

Au total, 37 000 participants seront suivis à long terme par Cartagène, soit par contact direct, soit par les bases de données médico-administratives du ministère de la Santé et des Services sociaux.

«Nous avons besoin d’un nombre important de cas pour pouvoir comprendre les causes de certaines maladies et pouvoir mesurer la prévalence, précise Catherine Boileau. Ça peut être des maladies relativement communes, comme l’hypertension, le diabète ou le cancer, mais aussi d’autres moins communes, comme des maladies dégénératives ou des troubles neurologiques, par exemple.»

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