Les médecins formés à l’étranger seraient victimes de discrimination de la part des facultés de médecine québécoises lorsqu’ils tentent d’obtenir une place en résidence, dénonce la Commission des droits de la personne.

Le Québec se priverait ainsi du service de plusieurs médecins, qui doivent compléter des études postdoctorales pour pratiquer leur profession. Pourtant, 74 postes en résidence sont restés vacants cette année, dont 42 en médecine familiale. «Beaucoup d’entre eux s’en vont travailler dans d’autres provinces canadiennes, même si le Québec était leur premier choix», affirme Gaétan Cousineau, président de la Commission.

Plusieurs des candidats refusés par les universités québécoises en 2013 avaient pourtant réussi le stage de mise à niveau du Centre d’évaluation des diplômés internationaux en santé (CÉDIS). Ce programme, financé par le Ministère de la santé, a été mis en place en 2011 pour favoriser l’intégration professionnelle des médecins diplômés à l’étranger et évaluer leur capacité à compléter avec succès des études postdoctorales. Pour y participer, les candidats devaient avoir obtenu la reconnaissance de l’équivalence de leur diplôme de la part du Collège des médecins, un processus complexe qui inclut des examens théoriques et pratiques.

«On ne comprend pas les réticences des facultés de médecine à les accepter une fois qu’ils ont réussi ces deux étapes, déplore M. Cousineau. Ceux qui les évaluent partent avec des préjugés et des attitudes défavorables à leur endroit.»

Dr Yves Robert, porte-parole du Collège des médecins, préfère voir le verre à moitié plein. «M. Cousineau se désole que huit médecins sur 16 ayant suivi le stage en 2013 ne se soient pas trouvé de place en résidence, mais c’est un succès pour les huit autres», fait-il remarquer. Il souligne également que ce ne sont pas tous les détenteurs d’un diplôme de médecine qui réussissent à entrer en résidence, peu importe leur pays d’origine.

En effet, 24 finissants des facultés québécoises ne se sont pas trouvé de poste en 2013, selon les chiffres de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ). «Le processus de sélection est le même pour tous, et les principes de qualité et d’équité prévalent», assure Dre Hélène Boisjoly, présidente de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Elle assure qu’aucun critère n’est discriminatoire. «Au contraire, on a une politique d’ouverture à la diversité, afin que nos médecins soient représentatifs de la société dans laquelle ils vivent, dit-elle. Les facultés de médecine font tous les efforts pour combler les postes disponibles.»

Dr Boisjoly admet tout de même que les médecins qui ont immigré récemment peuvent être désavantagés, en particulier parce que plusieurs d’entre eux n’ont pas pratiqué durant quelques années, le temps de s’installer au Québec et d’obtenir leurs équivalences.

56
56 des 180 médecins diplômés hors du Canada et des États-Unis (DHCEU) ayant fait une demande de résidence en 2013 ont réussi à en obtenir une. Le nombre de demandes de DHCEU n’a cessé d’augmenter depuis 2010, passant de 53 à 180.

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