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À la suite d’une poursuite intentée par Équiterre et la Fondation David Suzuki, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de réexaminer l’approbation de quelque 383 pesticides contenant 23 ingrédients spécifiques.

Le fédéral promet ainsi de mettre en œuvre la Loi sur les produits antiparasitaires, selon laquelle les pesticides en marché au Canada doivent être réévalués lorsqu’ils sont interdits dans des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour des raisons environnementales ou sanitaires.

Les 23 ingrédients en question, bannis pour la plupart dans l’Union européenne ou la Norvège, seraient associés au cancer et à la contamination de l’eau. Les produits concernés sont utilisés à des fins agricoles et domestiques à travers le pays, certains à grande échelle, comme l’atrazine et le carbaryl.

L’Agence de règlementation de la lutte antiparasitaire va devoir examiner ces produits, et pourrait annuler la certification de ces derniers si elle découvre des preuves qu’ils représentent un danger. L’agence prévoit commencer à proposer des décisions dès mars 2014, suite à quoi des consultations publiques seront lancées.

«Pour la première fois, des groupes environnementaux, des scientifiques indépendants, des groupes de médecins, des agriculteurs, des municipalités et des gouvernements provinciaux auront l’occasion de participer à la révision de produits potentiellement dangereux pour la santé et l’environnement, se réjouit Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre. Ce ne sera pas seulement une analyse interne du gouvernement qui déterminera s’ils devront rester sur le marché.»

En 2012, Équiterre et la Fondation David Suzuki ont fait le constat qu’aucune révision de pesticides n’avait été faite, malgré que certains soient interdits en Europe. Ces groupes ont sommé la ministre de la Santé d’appliquer sa loi. Près de 10 mois plus tard, en août 2013, n’ayant toujours pas de réponse, ils ont déposé une poursuite en cour fédérale. Après que le gouvernement ait finalement annoncé son intention d’aller de l’avant, à la fin décembre, la poursuite a été suspendue, mais pas retirée.

«On ne ferme pas le dossier, parce qu’on veut s’assurer que le processus soit suivi à la lettre», a affirmé Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

«C’est décevant que nous ayons dû amener le gouvernement en cour pour qu’il applique sa propre loi», a pour sa part tenu à dire M. Ribaux.

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