Yves Provencher/Métro Nalie Agustin devant sa deuxième maison, l’Hôpital général juif de Montréal. Elle y a subi divers tests diagnostiques, de la chimiothérapie, de la radiothérapie ainsi qu’une mastectomie.

Grâce à un blogue qui témoigne de son combat quotidien contre le cancer du sein, une survivante de 25 ans a remonté le moral de plusieurs autres jeunes femmes dans sa situation.

Lorsqu’elle a appris qu’elle avait le cancer du sein, à 24 ans, en juillet 2013, Nalie Agustin n’arrivait pas à le croire. Elle était active, en bonne santé, rarement malade. Il n’y avait pas de cas de cancer du sein dans sa famille immédiate.

Plus aucun doute ne subsistait pourtant: les bosses qu’elle avait senties en prenant sa douche 10 mois auparavant, qu’elle avait prises pour des muscles, puis pour des kystes, étaient cancéreuses. Elle était un cas très rare et inexplicable, lui disaient les médecins.

«Quand j’ai reçu la nouvelle, mon premier réflexe a été de sortir mon téléphone intelligent et de me filmer pour m’exprimer», a raconté à Métro cette diplômée en communications qui adore écrire et parler. Elle a mis en ligne un blogue, nalie.ca, sur lequel des textes et des vidéos racontent ce que c’est que de vivre chaque jour avec le cancer du sein pour une femme de 24 ans. «C’est comme un journal intime», a expliqué la jeune blogueuse.

L’impact a été immédiat. Plus de 15 000 personnes ont visité son blogue la première journée. «J’ai reçu des centaines de courriels de femmes dans la vingtaine qui avaient le cancer du sein à travers le monde et qui, comme moi, pensaient qu’elles étaient seules, a relaté Nalie. Plusieurs m’ont remerciée, m’ont dit que mon blogue les avait aidées à savoir à quoi s’attendre, à avoir moins peur.»

«Plusieurs femmes m’ont dit que je démontrais, par mon attitude positive, que la vie ne s’arrête pas quand on reçoit un diagnostic de cancer.» – Nalie Agustin, survivante

Tenir ce blogue a aidé Nalie à garder un bon moral. Elle a trouvé une autre motivation en tombant sur un dépliant de la Course à la vie au profit de la Fondation du cancer du sein. Elle s’est donné pour objectif de courir 5km le 6 octobre 2013, s’entraînant entre les séances de chimiothérapie. «Je voulais me garder en forme. Quand tu te sens malade et intoxiquée, c’est facile de rester dans ton lit. Mais je ne voulais pas être cette personne-là», a déclaré la survivante.

L’opération fut un franc succès. Cent trente coureurs se sont joints à son équipe, qui a récolté 28 000$ pour la Fondation. Cerise sur le sundae, elle a terminé sa course en 34 minutes, sans marcher. Elle répétera l’expérience dimanche, cette fois à titre d’ambassadrice pour la course de Montréal.

Le cancer du sein plus agressif chez les jeunes
L’Agence de la santé publique du Canada estime à 125 le nombre de femmes de moins de 30 ans qui ont appris ou apprendront qu’elles ont le cancer du sein en 2014. Cela représente 0,05 % des nouveaux cas de cancer du sein cette année. Ces cas ne sont donc pas fréquents, ce qui rend le parcours de ces jeunes particulièrement compliqué.

La première fois que Nalie a parlé des bosses qu’elle sentait sur son sein à son médecin de famille, celle-ci lui a dit de ne pas s’inquiéter. Elle lui a tout de même prescrit une échographie, mais Nalie juge que le délai pour arriver à un diagnostic a été très long.

«Certains médecins vont prétendre que le patient n’est pas en âge d’avoir le cancer du sein, surtout s’il n’y a pas d’antécédent dans sa famille. Mais tout signe suspect doit être pris au sérieux et faire l’objet d’un examen clinique», a affirmé Danielle Drolet, vice-présidente des programmes à la Fondation du cancer du sein du Québec.

C’est d’autant plus important d’agir rapidement que le cancer du sein est généralement plus agressif chez les jeunes et nécessite des traitements plus intensifs, souligne Mme Drolet. En plus de la chimiothérapie et de la radiothérapie, Nalie a subi une mastectomie et doit prendre des pilules pour les cinq prochaines années afin de diminuer les risques de rechute.

Il n’existe pas de programme de dépistage pour les femmes de moins de 50 ans, puisque la mammographie est peu fiable pour ce groupe d’âge. La Fondation du cancer du sein recommande plutôt aux jeunes d’observer régulièrement leurs seins afin de détecter des signes de cancer: bosses, rougeurs, écoulements anormaux d’un mamelon, épaississement de la peau. «Ces symptômes ne sont pas la preuve qu’il y a un cancer, mais si on les a, ça vaut la peine d’aller consulter son médecin», a commenté Mme Drolet.

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