Mario Beauregard/Métro Luc Leblanc (deuxième en partant de la gauche), coordonnateur général de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, entouré Louis Blouin, Geneviève Dorval et Geneviève McCready (CCPSC), membres du comité de lutte en santé de la CCPSC

Des citoyens ont exhorté dimanche le ministre de la Santé de ne pas adopter le règlement qui doit normaliser une liste de frais accessoires des cliniques médicales, complétant les dispositions du projet de loi 20 adopté la semaine dernière.

Entre le 15 février et le 2 août 2015, la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles (CCPSC) a recueilli 527 témoignages de patients ayant dû payer des frais lors de consultations médicales, que ce soit pour l’administration de médicaments, l’ouverture d’un dossier ou un examen radiologique. Parmi eux, 23 ont indiqué avoir refusé de payer ou refusé des soins en raison de ces coûts, selon le rapport d’analyse rendu public dimanche.

La nouvelle loi établit que les seuls frais accessoires autorisés seront déterminés par un règlement. Un comité tripartite, qui a déjà commencé ses travaux d’après l’attachée de presse du ministre, doit déterminer le prix qui pourra être facturé aux patients pour une liste précise de produits. Mais la CCPSC s’oppose à la facturation de tous frais aux patients, avançant que ceux-ci créent des barrières à l’accès aux soins.

«Pour plusieurs personnes à faible revenu, l’imposition de frais même minimes signifient de choisir entre un soin et d’autres besoins essentiels», a estimé Geneviève Dorval, membre du comité de lutte en santé de la CCPSC qui a réalisé le rapport.

Par ailleurs, 222 personnes ont indiqué vivre un sentiment d’injustice et d’abus face à l’imposition de tels frais, qui vont de quelques cents à plus de 500$ et qui sont parfois bien supérieurs au coût réel du produit ou du service offert. Marc Ferland, par exemple, a témoigné avoir payé 600$ de gouttes ophtalmiques sur une durée de 15 mois à sa clinique. D’autres ont affirmé avoir choisi de payer le gros prix pour des soins en cliniques privées parce qu’on leur annonçait de longs délais à l’hôpital.

«Ce n’est pas vrai que ces frais sont acceptés socialement. On a 527 témoignages qui se rajoutent», a déclaré Geneviève McCready, membre du comité de lutte en santé de la CCPSC. Au mois d’octobre, la Protectrice du citoyen du Québec s’était prononcée contre la règlementation des frais accessoires et en faveur de leur abolition.

«Si c’est le prix coûtant qui est facturé, l’accès aux soins sera amélioré», a pour sa part indiqué Joanne Beauvais, attachée de presse de Gaétan Barrette.

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