Getty Images for CuteCircuit CuteCircuit a présenté un défilé marquant à New York en 2014.

Les technologies sont en train de transformer l’industrie de la mode. C’est un peu le message largement véhiculé à la conférence Wear It Smart, organisée par le Centre de recherche et d’innovation en habillement Vestechpro à la fin de l’année dernière. Retour sur trois innovations à surveiller en 2017.

Textiles 2.0
Google a présenté la première veste connectée issue du projet Jacquard – en partenariat avec Levi’s – au printemps 2016. La griffe londonienne CuteCircuit, elle, s’emploie à créer des pièces de haute couture en faisant appel aux textiles intelligents et à la micro-électronique depuis plus de 10 ans. La robe Twitter, dont le tissu affiche des gazouillis en temps réel? C’est eux. On leur doit aussi, entre autres, la robe illuminée par 3000 mini-
ampoules à DEL que Katy Perry a portée au gala du MET en 2010.

De passage à Montréal, Francesca Rosella, cofondatrice et directrice de la création de CuteCircuit, a souligné les possibilités de ce genre de technologie en termes de prêt-à-porter et de personnalisation de masse. «Par exemple, on peut télécharger de nouveaux motifs sur l’internet.» Un seul vêtement peut ainsi être transformé simplement. «On a l’impression de toujours porter quelque chose de nouveau, et ça augmente la durabilité des produits», s’est-elle réjouie.

Pour le moment, CuteCircuit propose quelques pièces un peu moins flamboyantes dans sa boutique en ligne, dont des t-shirts aux slogans qui s’illuminent quand on les expose à la lumière vendus 65 £, soit 110$CAN.

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En laboratoire

Une designer néerlandaise fait parler d’elle pour ses recherches alliant technologie et microbiologie: Aniela Hoitink a réussi à développer un textile entièrement biodégradable à partir de mycélium (blanc de champignon).

«La surconsommation augmente constamment et, dans cette culture du porter-jeter, nous ne réparons plus rien, a-t-elle confié en entrevue à Metro International. Pourquoi ne pas établir notre production textile sur ce principe en confectionnant des vêtements qui sont 100% biodégradables et qui ne durent qu’un ou deux ans?» Elle a donc créé une robe à partir de rondelles de mycélium cultivées dans des boîtes de Petri pour tester le concept. Cela dit, son prototype, fabriqué à partir de ce textile, nommé MycoTEX, dégage une légère odeur de champignon et est trop fragile pour être porté.

La designer new-yorkaise Suzanne Lee, une des pionnières de la recherche dans ce domaine, a pour sa part cultivé un matériau à base de kombucha et explore de nouvelles manières de créer des solutions de rechange au cuir en labo. Ce ne sont là que deux exemples.

En conférence à Mont­réal, la chercheuse Kristine Upesleja a salué ces initiatives, tout en affirmant qu’il faudra encore du temps pour développer des produits réellement utilisables par l’industrie.

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Dans plusieurs secteurs, dont la mode, de nombreux intervenants s’entendent pour dire que l’impression 3D est la voie de l’avenir. La conférencière Kristine Upesleja, du Fashion Institute of Design & Merchandising (FIDM), rappelle cependant que cette technologie n’est pas nécessairement au point pour créer des vêtements. Du moins, pas pour le moment.

En revanche, les imprimantes 3D pourraient bien révolutionner l’univers des accessoires. C’est ce qu’ont compris Christian Hartung et Hristiyana Vucheva, derrière les bijoux haut de gamme Vojd Studios. Les deux jeunes entrepreneurs allemands sont aujourd’hui reconnus partout dans le monde pour leurs créations, et la marque travaille même avec des maisons de luxe pour intégrer cette technologie à leurs collections.

Avantages? «L’impression 3D permet de réaliser des styles difficiles, voire impossibles à réaliser avec des moyens traditionnels, a exposé Christian Hartung, directeur général de Void, sur la scène de Wear It Smart. C’est aussi plus rapide.» Dans un avenir rapproché, il s’attend d’ailleurs à voir apparaître sur le marché des appareils ayant une rapidité d’impression accrue et permettant d’utiliser d’autres matériaux et des finis 
améliorés.

De ce côté-ci de l’Atlantique, Joe Bichai, vice-
président responsable de la fabrication chez Kamik, surveille avec attention les avancées technologiques. «Je pense qu’on n’est pas loin du jour où on pourra faire des bottes qui s’adapteront parfaitement à la forme des pieds du client à partir de photos, prédit-il. L’imprimerie 3D est déjà omniprésente dans d’autres secteurs d’activité. Je pense que ça va être gros.»

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