Petites fleurs ou rayures? Cet ocre ou ce turquoise? Peut-être l’avez-vous remarqué: de plus en plus de créateurs tâtent 
le pouls de leurs clients sur les réseaux sociaux avant 
d’entamer la production de nouvelles collections. 
Une tendance pas près de s’essouffler.

«Le client a toujours raison», disait Harry Selfridge. La cocréation est non seulement un bon moyen de savoir ce que veulent les consommateurs, mais aussi un excellent outil marketing. Parties prenantes du processus créatif lui-même, les gens peuvent être davantage tentés d’acheter.

Béguins, Bertille & Léon, à partir de 19,50$ en solde

Carolyne Parent, cofondatrice du Coffret de Rachel, soulignait l’intérêt de cette pratique au cours d’une conférence du festival Fashiontech, qui s’est tenu en mai au Musée McCord. «On a commencé par sonder notre clientèle de façon informelle sur les réseaux sociaux trois ou quatre fois par année», indique-t-elle en entrevue.

Dès la première fois, les résultats ont été au rendez-vous: en prévente, les modèles ayant recueilli le plus de votes ont été 10 fois plus populaires que les autres, évalue-t-elle. «Notre vision, c’est d’éventuellement valider chaque modèle avant la production, continue Mme Parent. Nous voulons d’ailleurs transformer les questionnaires de style qu’on a déjà pour faire participer notre communauté à toutes les étapes.»

«Je pense que l’avenir 
de la création, 
c’est la cocréation.» –Geneviève Lorange, fondatrice de Bigarade

La jeune femme d’affaires n’est pas la seule à y voir des bénéfices certains. Selon Geneviève Lorange, de Bigarade, qui fait souvent des sondages sur Facebook auprès de sa clientèle quand vient le temps d’agencer différents designs et tissus pour ses courtepointes réalisées à partir de tissus antiques, c’est aussi une question environnementale. «J’essaie de créer des produits que les gens veulent vraiment, qui ont une valeur et dont ils prendront soin pendant des années», insiste-t-elle, rappelant que certaines entreprises n’hésitent pas à jeter carrément leurs invendus.

Loup, bigarade, 25$

«Je pense que je ne pourrais pas créer sans Facebook, renchérit la créatrice. Je fais voter les gens sur tout: les couleurs, les designs et même les prix qu’ils seraient prêts à payer pour tel ou tel produit.» Geneviève Lorange va encore plus loin: elle a demandé à ses abonnés ce qu’ils voulaient apprendre dans les cours de couture qu’elle offre depuis quelques mois dans le sous-sol de sa boutique de Hochelaga-Maisonneuve.

«J’aime le principe d’écouter l’avis de mes clients, affirme la fondatrice de la marque artisanale pour enfants Bertille & Léon, Pauline Vermandel. Je trouve que c’est participatif.» La designer ne les consulte cependant pas systématiquement: «Je peux le faire pour des collections capsules, mais pas dans l’objectif de préparer mes collections, puisqu’elles sont prévues un an à l’avance», explique-t-elle.

Collants, 15$, 
le coffret de Rachel

Et la liste des artisans qui sondent leurs clients pourrait s’allonger encore… La pratique semble particulièrement populaire auprès des plus petits, ceux qui vendent sur la plateforme Etsy, notamment, et qui ont une communauté très active sur les réseaux sociaux. «Les gens que je rencontre me disent qu’ils aiment que je les fasse participer, indique Geneviève Lorange. Je pense que l’avenir de la création, c’est la cocréation.»

 

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