collaboration spéciale Les rouges à lèvres Marcelle et Annabelle sont fabriqués à l’ancienne, un à un, à l’usine de Lachine.

Pour créer un nouveau produit cosmétique, il ne suffit pas d’avoir une bonne idée. Toute une série d’expérimentations et de tests sont menés en laboratoire avant que la formule arrive sur les tablettes. Métro a visité les installations de trois fabricants d’ici pour démystifier le processus.

«Il n’y a pas de formule magique, c’est un perpétuel essai-erreur», lance d’entrée de jeu Isabelle Villeneuve, directrice R&D et Projets stratégiques internationaux pour Laboratoire Dr Renaud. Dans les bureaux immaculés de cette marque d’origine française installée au Québec depuis plusieurs décennies, Mme Villeneuve dirige une équipe de scientifiques qui sont appelées (ici, le féminin l’emporte parce qu’on ne compte qu’un homme) à créer crèmes, nettoyants, lotions et autres sérums destinés aux instituts affiliés.

«Il faut être créatif, acquiesce Martin LeBlanc, assistant de la recherche et du développement pour les marques grand public Marcelle et Annabelle, qui proposent à la fois du maquillage et des soins. À partir d’une foule de sources d’inspiration – les découvertes scientifiques (ingrédients ou technologies, par exemple), mais aussi les tendances du marché dictées par le marketing –, nous formulons des produits un peu comme on fait des recettes en cuisine.» Tout en respectant, entre autres choses, les règles de Santé Canada, ajoute-t-il.

«En général, nous réalisons de 30 à 40 versions d’un même produit», estime M. LeBlanc. Ces multiples variantes sont ensuite testées dans toute un éventail de conditions : gel et chaleur extrême, notamment. Même les emballages sont évalués pour que les conditions de conservation soient optimales. Dans la plupart des compagnies, la norme est de trois ans. Au-delà de cette période, l’efficacité du produit, comme la qualité de sa texture, n’est plus vraiment garantie.

Chez Laboratoire Dr Renaud, Isabelle Villeneuve évalue qu’il faut de six mois à un an pour développer un nouveau produit. «On recherche non seulement des résultats grâce à certains ingrédients actifs ciblés, mais également une texture particulière et une odeur», précise-t-elle.

Une fois que les résultats sont concluants, il n’est toujours pas temps de lancer la production à grande échelle. «C’est là qu’on évalue le produit en suivant une série de tests scientifiques selon un protocole strict, continue Mme Villeneuve. Un laboratoire externe vérifie notamment la stabilité physique, chimique et microbiologique, de même que l’efficacité.»

Il s’agit là d’un passage obligé. Chez Marcelle et Annabelle, les produits sont aussi soumis «à une multitude de tests effectués en laboratoires externes», précise la directrice des relations publiques, Isabel P. Picard.

Même si, chez Lise Watier Cosmétiques, la fabrication industrielle est prise en charge par des manufacturiers (principalement canadiens), pendant la phase de développement, la formulation et la recherche se déroulent de manière semblable, à l’interne. Des essais étaient d’ailleurs en cours dans les laboratoires de la maison mère, située à l’intersection de l’autoroute 40 et du boulevard Décarie, au moment de notre visite.

Pour la gamme Age Control à base de thé du Labrador et lancée l’année dernière, la compagnie a fait équipe avec des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi. Cinq ans de recherche ont été nécessaires pour développer un actif original et unique.

La chef de projets sénior, R&D soins et parfums, Andrée Véronneau, promet même que cet actif sera bientôt intégré dans du maquillage.

Par ailleurs, la fondatrice de la marque, Lise Watier elle-même, est très présente à toutes les étapes de développement des produits. «Ses commentaires sont évidemment pris en compte et elle nous pousse beaucoup à nous dépasser», souligne Mme Véronneau.

Travail manuel
Il est surprenant de constater à quel point le travail manuel est toujours très présent dans les usines de fabrication de cosmétiques, comme chez Annabelle et Marcelle, dont les installations sont situées à Lachine.

«L’usine est en constante mutation, explique le directeur de production de l’entreprise, Philippe Proulx. Même si c’est de plus en plus automatisé, le travail reste très manuel. Par exemple, nous faisons toujours nos rouges à lèvres à l’ancienne, un à un, à la main.»

Malgré tout, l’usine montréalaise produit quelque 20 000 unités par jour. «Près de 80 % de nos produits sont fabriqués ici», fait fièrement valoir M. Proulx. L’entreprise vient d’ailleurs de rapatrier dans ses installations de Lachine récemment rénovées toute la production de poudres. Cela dit, elles n’étaient pas fabriquées bien loin – dans l’est de la ville plus précisément, là où étaient situés les bureaux d’Annabelle avant que Marcelle n’achète la compagnie en 1999.

«Les zones de production ont été améliorées pour davantage de salubrité, l’entrepôt a aussi été rénové et on veut grandir encore», se réjouit M. Proulx.

De son côté, l’usine de Laboratoire Dr Renaud, à Laval, embouteille environ 7000 produits de soins par jour. De quoi fournir les 3 000 esthéticiennes qui les utilisent.

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