MONTRÉAL — Face à un adversaire encaissant tout ce qu’il avait à lui offrir, David Lemieux a exaucé le souhait de son entraîneur Marc Ramsay en disputant plusieurs rounds face à Cristian Fabian Rios.

Lemieux (36-3, 32 K.-O.) a respecté à la lettre le plan de match de Ramsay pour venir à bout de Rios (21-8-3, 6 K.-O.) par décision unanime devant 5026 spectateurs réunis au Centre Bell.

Deux juges ont remis des cartes de 100-90; le troisième a jugé le combat 99-91.

«Je ne suis pas 100 pour cent satisfait, a pourtant lancé Lemieux en conférence de presse. Il y a des choses que j’aurais voulu faire 10 fois mieux. Des choses qui ne doivent plus se reproduire, dont des erreurs en début de rounds qui m’ont coûté le knock-out.

«Mais chapeau à Rios. Il a bien boxé et il mérite tout mon respect. Il a démontré beaucoup de courage et s’est bien adapté.»

«C’est un boxeur qui est bien meilleur que ses classements ne le laissent croire», a pour sa part indiqué Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management.

L’aspirant no 4 du World Boxing Council (WBC) et de la World Boxing Organization (WBO) ainsi que no 7 de l’International Boxing Federation (IBF) a forcé Rios à se retrancher dans les câbles en début de combat, surtout au cours des deux premiers rounds. Si Rios a pu placer quelques bonnes gauches en contre-attaque, Lemieux est celui qui a fait le plus de dégâts.

Tout au long de cette soirée, l’Argentin de 33 ans a démontré qu’il était à la fois un solide encaisseur, mais aussi un boxeur qui sait bien rouler avec les coups. Il a souvent forcé Lemieux à rater la cible.

Par contre, Rios a de loin été le boxeur le moins actif des deux. Il a possiblement connu ses meilleurs moments aux troisième et neuvième rounds, alors qu’il a pu placer un bon nombre de crochets de gauche, surtout au neuvième, alors qu’il devait savoir que le tapis était en train de lui glisser sous les pieds.

Au corps

Le plan de match de l’entraîneur Marc Ramsay était pour Lemieux d’attaquer sans relâche au corps de Rios, une stratégie qui a porté fruit.

«On voulait s’attaquer beaucoup au corps et le terminer avec des coups à la tête, a précisé Ramsay. On a pensé qu’on pouvait le ralentir, ce qu’on a fait. Ça nous aurait pris deux rounds de plus pour l’arrêter. Douze rounds auraient été parfaits!»

Après qu’il eut passé les quatrième et cinquième rounds à se sauver, on a senti Rios moins incisif au sixième, où Lemieux a placé plusieurs bonnes combinaisons. Même chose aux septième et huitième: l’Argentin semblait chercher une porte de sortie au lieu de chercher Lemieux.

«Il a mis ses ‘rollerblades’», a imagé Lemieux.

Après le soubresaut du neuvième, Lemieux est revenu d’aplomb au dixième, ne laissant absolument aucun doute sur l’issue du combat.

Après avoir perdu son titre IBF — acquis face à Hassan N’Dam en juin 2015 — il y a un an contre Gennady Golovkin, Lemieux a maintenant signé deux victoires convaincantes. Il avait stoppé Glen Tapia à 56 secondes du quatrième round en mai dernier, au T-Mobile Arena de Las Vegas.

Autant Estephan que Ramsay ont estimé que ce long combat n’aura pas hypothéqué le Québécois, qui sera de la carte du 17 décembre, mettant en vedette Bernard Hopkins à Los Angeles. Une annonce quant à son adversaire sera faite sous peu.

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