Carine Touma/Métro Les magasins de cartes de hockey existent toujours, mais «il y en a beaucoup qui ne sont pas présents sur les réseaux sociaux», explique Pierre Calvez, co-propriétaire de la boutique Collect-Edition, à La Prairie.

Aujourd’hui, Métro propose une édition spéciale dans toutes ses rubriques sur le thème de l’enfance.

Les cartes de hockey ont fait leur apparition vers 1910 dans les paquets de cigarettes. Dans les années 1950, on les trouvait dans les paquets de gommes. Puis, il y a eu les années 1990: «Il y en avait dans tout.»

Léandre Normand se rappelle l’époque où il «allait chercher [ses] paquets de cartes à 5 ¢ dans les dépanneurs». Le promoteur de deux salons de collectionneurs remarque que, dans les années 1950, il y avait ceux qui «se faisaient un plaisir de les garder» comme souvenir et ceux qui «s’en servaient pour faire du bruit avec leur roue de bicyclette».

Selon M. Normand, la grosse vague de collection de cartes de hockey a commencé à la fin des années 1980, mais «la période de la grosse fièvre» a été la décennie suivante. «Dans les années 1990, c’était un peu le free for all.»

Les cartes de hockey se trouvaient dans les pots de beurre d’arachides, dans les boîtes de céréales, dans les repas chez McDonald’s, au dépanneur, à la station-service, partout où un enfant était susceptible de mettre la main dessus.

«De 1990 à 1994, ç’a été l’enfer. Il y en avait dans tout», estime Pierre Calvez, co-propriétaire de la boutique Collect-Edition, à La Prairie. «Ç’a fait une écœurantite aigüe.»

Les cartes étaient omniprésentes, et Upper Deck, Donruss, O-Pee-Chee, Topps, Panini, Pro Set – pour ne nommer que ces compagnies – réimprimaient les cartes dès qu’elles gagnaient en popularité. À un tel point qu’il n’y avait plus de rareté. Et rareté rime avec valeur.

«La carte recrue de Martin Brodeur, une des plus chères de ces années-là, vaut 10 $, donne comme exemple Pierre Calvez. C’est un des meilleurs gardiens de tous les temps, sinon le meilleur, et sa carte recrue vaut 10 $.» Si elle est signée, elle ira peut-être chercher une centaine de dollars sur l’internet, mais on est loin des milliers de dollars pour certaines cartes recrues de Sidney Crosby, Connor McDavid et Auston Matthews.

Pierre Calvez aura tout de même succombé à cette «fièvre» ou «écœurantite», car il ramasse les cartes de hockey depuis environ 25 ans et a participé à plus d’un «échange de cartes à l’école.» Maintenant, il collectionne exclusivement les cartes de Patrick Roy et en a amassé «à peu près 1 500 différentes».

Bien qu’il demeure un «collectionneur dans l’âme», Léandre Normand, qui a co-écrit 100 moments historiques des Canadiens, ne conserve plus beaucoup de cartes de hockey, sauf «de temps en temps» lorsqu’il tombe sur une carte plus rare ou celle «d’un de [s]es préférés, comme PK Subban ou Jean Béliveau».

«Il y a certaines cartes dans lesquelles tu trouves des bouts d’équipement de Maurice Richard ou de Jacques Plante. Et ça, c’est historique, tu sais que ces gars-là n’ont pas porté 72 chandails dans leur carrière.» – Pierre Calvez, co-propriétaire de Collect-Edition, qui compare certaines cartes de hockey à d’autres dans lesquelles il y a un morceau d’équipement de Sidney Crosby, qui lui, «met trois jerseys par game».

Trop cher pour les jeunes
Les deux collectionneurs se désolent toutefois que le coût des cartes empêche un certain renouvellement du public. «Ça attire moins les jeunes pour des raisons financières bien évidentes», résume Léandre Normand.

Pierre Calvez explique qu’il y a 20 ou 25 ans, il achetait ses «paquets [de cartes] à 1,50$ au dépanneur. Les moins chers maintenant sont à 3 ou 4 $. Ce n’est vraiment pas un hobby pour les jeunes».

«On dirait qu’Upper Deck ne travaille pas pour avoir une relève», dit-il. La compagnie, qui détient d’ailleurs l’exclusivité avec la LNH, produit trop de séries haut de gamme, selon lui. «On a souvent dit [aux représentants d’Upper Deck]: “Sortez une série avec des paquets à 1 $. Enlevez les [morceaux de] jerseys et les signatures.”» Question que les jeunes puissent s’offrir des cartes. «Eux, ils veulent Crosby et McDavid.»

Léandre Normand abonde dans le même sens. «Quand [les enfants] ont la chance de mettre la main sur leur joueur, peu importe la valeur de la carte, pour eux, c’est de l’or.» Il raconte qu’au cours d’un salon de collectionneurs en Abitibi, un jeune lui a demandé s’il était capable de lui trouver une carte de Carey Price. «Je lui en ai trouvé une dizaine, dont quelques-unes un peu plus rares. Je lui ai envoyé tout ça. T’aurais dû voir le téléphone de remerciement que j’ai reçu.»

Bien qu’il y ait encore des «collectionneurs chevronnés» qui essaient de compléter des séries pour «se constituer un bel héritage», M. Normand note que d’autres recherchent «les cartes rares, les éditions spéciales, qu’ils vont pouvoir revendre sur l’internet».

«Il y en a beaucoup trop qui sont là-dedans pour l’argent, ajoute Pierre Calvez. Tout le monde veut être revendeur.»

Aux collectionneurs novices, ce dernier suggère de se fixer un but, de viser une série de cartes, un joueur ou une équipe. «Juste pour qu’à un moment donné, il y ait une fin au projet.» C’est un conseil qu’il donne surtout aux parents quand leur enfant commence à s’intéresser aux cartes de hockey. «Fixez-lui un but, sinon ça va finir au fond de son tiroir.»

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