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Cinq conseils pour soutenir les enfants dans le deuil

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Face au deuil, les enfants réagissent différemment; la sincérité est la meilleure approche.

Les tout-petits ne sont pas à l’abri des grandes épreuves, comme la mort d’un être cher. Voici comment les aider à traverser ces moments difficiles.

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Nom: Josée Masson
Fonction: Fondatrice et directrice générale de l’organisme Deuil-Jeunesse
En ligne: deuil-jeunesse.com

1. Permettre aux enfants de vivre leur histoire

Lorsqu’un membre de l’entourage est gravement malade ou décède, les adultes ont souvent le réflexe de cacher certains détails aux enfants. «C’est ce que j’appelle une maladresse d’amour. On espère ainsi les épargner et atténuer leur chagrin, mais dans les faits, on ne leur rend pas service», affirme Josée Masson. Faute d’avoir l’heure juste, les enfants peuvent en effet s’imaginer les choses pires qu’elles le sont. Plus ils seront ancrés dans la réalité, moins ils seront angoissés.

2. Parler avec simplicité et vérité

Pour parler de la mort, il faut éviter d’utiliser des mots comme «partir» ou «s’endormir». «Le premier pourrait créer un sentiment d’abandon et le second pourrait faire en sorte que l’enfant ne veuille plus se coucher, de peur de mourir lui aussi. Il est donc préférable d’utiliser les vrais termes», explique celle qui a fondé Deuil-Jeunesse il y a une douzaine d’années. On doit aussi s’exprimer de façon concrète. Si on parle de cercueil, par exemple, les jeunes ne sauront peut-être pas de quoi il s’agit. Afin de les aider à comprendre, on peut leur montrer des images.

En cachant les détails à l’enfant, on ne lui rend pas service, même si c’est pour atténuer son chagrin.

3. Laisser les enfants participer aux rituels de fin de vie s’ils le souhaitent

«Certains croient que ce n’est pas approprié pour un enfant de s’engager dans l’organisation des rites associés au deuil, comme les funérailles. Cependant, mieux vaut le laisser décider de ce qui est bon pour lui. Après tout, personne ne connaît mieux ses besoins que lui», rappelle Josée Masson, qui est également travailleuse sociale depuis plus de 22 ans. Pour l’aider à faire un choix éclairé, on doit lui expliquer la signification des rituels et les raisons pour lesquelles on les pratique, puis lui détailler leur déroulement habituel.

4. Éviter de faire comme si rien n’était arrivé

Le processus de deuil est loin d’être une ligne droite. S’il est vrai que la douleur et le chagrin ont tendance à s’apaiser au fil du temps, ils peuvent resurgir plusieurs années après le décès de l’être aimé. «Au bout d’un certain temps, les adultes pensent qu’il n’est plus nécessaire de parler de ce qui est arrivé et que la vie doit continuer. Or, il faut garder en tête que le deuil évolue selon le développement de l’enfant. Autour de la quatrième année du primaire, par exemple, il peut y avoir un moment plus difficile, parce que le jeune comprend désormais le caractère permanent de la mort», précise Josée Masson.

5. Respecter leurs besoins

Plutôt que de demander à l’enfant comment il va, on peut lui demander de quoi il a besoin pour se sentir mieux. «Le deuil provoque des émotions très intenses, et chaque jeune les vit à sa façon. Les besoins peuvent varier au fil des jours. Même au sein d’une fratrie, tous ne réagiront pas de manière identique. Certains voudront qu’on les serre dans nos bras, d’autres éprouveront un grand désir de parler, quelques-uns préféreront garder le silence. Ce qui compte, c’est de les respecter et de leur dire que nous sommes là pour eux», résume la travailleuse sociale.

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