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Une augmentation de salaire pour les éducatrices en CPE

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, présente un nouveau projet de loi 61

La ministre Sonia LeBel

Des hausses de salaire oscillant de 12 à 17% seront octroyées aux éducatrices en CPE dès maintenant. Les négociations avec Québec se poursuivent pour les employés syndiqués, et des grèves concernant les conditions de travail doivent être tenues jeudi et vendredi.

Toutes les éducatrices toucheront une hausse de salaire de 6% dès cette année. Celles qui sont considérées comme qualifiées, donc celles qui ont obtenu une formation spécifique, obtiennent un 6% supplémentaire. Finalement, celles qui accepteront de travailler 40 heures par semaine s’assureront d’une troisième augmentation de 5%.

La mesure coûtera environ 11 M$ par mois à l’État.

Il s’agit là d’une mesure temporaire d’ici la signature d’un prochain contrat de travail, a précisé la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, lors d’une conférence de presse jeudi. Près de 60% des éducatrices dans le réseau de la province ne sont pas syndiquées. Il était «urgent d’agir» afin d’exercer un «impact maximum, rapide, immédiat sur les inscriptions aux formations», estime Mme LeBel.

«Le salaire actuel, force est de le constater, n’amène pas de nouvelles éducatrices dans le réseau, pas plus qu’il contribue à les retenir, justifie la députée de Champlain. On l’entend, on le voit, c’est un message très bien compris de la part du gouvernement.»

Changement de ton

La hausse offerte correspond à l’offre patronale déposée en juillet. Une bonification salariale encore plus importante sera offerte par Québec «au cours des prochains jours». L’augmentation annoncée et les négociations à venir sont «deux choses bien distinctes», assure Mme LeBel.

«Ce n’est pas un désaveu envers les négociations, réitère le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Mais on ne peut pas attendre la fin des négos, parce qu’à chaque semaine qui passe, il y a des éducatrices en moins dans notre réseau.»

La balle semble toutefois dans le camp des syndicats, s’il n’en tient qu’à Mme LeBel. Les syndicats tarderaient depuis trois mois à répondre à l’offre salariale déposée par le gouvernement.

«Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, il faut être deux pour danser. Je vais quand même continuer d’avancer, mais l’enjeu est prioritaire. Nos équipes sont disponibles pour rencontrer vos syndicats aussi souvent qu’ils le souhaiteront», lance Mme LeBel.

Conditions d’abord

Les syndicats des CPE affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) perçoivent les choses différemment. D’abord, la hausse salariale demandée s’élève à 21%, soit 4% de plus que ce qui est offert par Québec.

Mais là où le bât blesse, c’est au niveau des conditions de travail. Si les négociations s’étirent, c’est parce que le gouvernement n’émet pas de proposition adéquate aux éducatrices, affirme la vice-présidente de la FSSS-CSN, Lucie Longchamps. Un ratio établi de cinq poupons pour une éducatrice, du temps supplémentaire pour remplir le dossier des enfants et des outils supplémentaires pour aider les enfants «à besoins particuliers» sont demandés.

«Les ratios ne sont pas respectés, les congés sont refusés. Beaucoup de choses ne fonctionnent pas dans l’organisation des CPE», se désole Mme Longchamps. «Les éducatrices n’ont pas assez de temps pour compléter leur travail. Une fois qu’on parlera des conditions, on s’assoira pour discuter plus attentivement des offres salariales.»

À elle seule, la hausse salariale proposée par le gouvernement ne freinera pas l’exode des éducatrices et la pénurie dans le milieu, prédit le syndicat. Par-dessus tout, on demeure sceptique par rapport aux incitatifs en place pour pousser les employées à travailler 40 heures par semaine.

«Les éducatrices sont tellement sur les genoux. Elles sont épuisées, elles ne voudront pas le faire, selon ce qu’on entend sur le terrain présentement», expose Mme Longchamps.

La FSSS-CSN représente 11 000 éducatrices au Québec. Des milliers d’entre elles sont attendues devant l’Assemblée nationale lors d’une manifestation prévue vendredi.

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