Actualités

J'aime BP

En 2010, BP, voulant maximiser rapidement ses profits, a été responsable de la gigantesque marée noire survenue aux États-Unis, ce qui lui a coûté 40 G$. George W. Bush, provenant de l’industrie pétrolière, fut partie prenante de ce désastre écologique en raison de la déréglementation débridée de l’environ­nement et de l’exploration qu’il a promue. Vous le savez, les pétrolières financent abondamment les politi­ciens et comptent des milliers de lobbyistes. Ça aide.

Six mois après cette hécatombe de 40 G$, BP a enregistré un profit trimestriel de 2 G$. Hallucinant! 40 G$ de dommages ont fait tiquer BP, qui a vite recommencé à engranger des bénéfices milliar­daires. Un vrai conte de fées. Les croisés capitalistes feront valoir le dynamisme du privé et les bienfaits du libre marché fondé sur la vive concurrence des pétrolières, même si elles vendent toutes le même produit et toutes au même prix. Allô concurrence! Qui a payé pour cette mare noire? Bel exemple du totalitarisme corporatif.

Ce n’est pas cette broutille écologique, assimilée à des dommages collatéraux, qui va changer la nature intrinsèque des transnationales, comme le souligne cet article de La Presse du 13 mai : «Plus d’économie et moins d’environnement demandent les pétrolières.» Après, elles se disent vertes. Qu’en pensent les tenants de la doucereuse responsabilité sociale de l’entreprise? BP a des pratiques commerciales douteuses et des valeurs morales profondes dignes des intégristes religieux américains, comme l’indique cet article du Journal de Montréal : «Son homosexualité lui a coûté son job. Le président de la pétrolière BP démissionne à la suite de révélations sur sa vie privée.» Tiens toé!

En 2008, la chroniqueuse émérite du Journal de Montréal Nathalie Elgrably-Levy écrivait : «Le prix du pétrole diminuera.» Et Bernard Mooney, journaliste chevronné du journal Les Affaires intitulait son article : «La chute du prix du pétrole approche», comme les télé-évangélistes qui nous annoncent régulièrement que la fin du monde approche. La marmotte et Jojo Savard m’inspirent plus confiance dans leurs prédictions. Faudrait pas qu’ils vivent en Roumanie, car «Les sorcières risquent la prison» (Métro, 9 février 2011). On signale dans ce texte que «les sorcières roumaines pourraient bientôt être passibles d’amendes et de peines d’emprisonnement si leurs prédictions ne se réalisent pas». Aux sorcières, ajoutons les économistes.

Si une telle loi est adoptée au pays, va falloir construire d’autres prisons. Ça va contrer l’immobilisme, créer de l’emploi et nous libérer de leurs niaiseries. Et dire que le CAA, organisme qui défend supposément les automobilistes floués, a recommandé l’abstention face à la hausse du prix de l’essence. Ayoye!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version