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Québec et les contribuables devront se serrer la ceinture

Jocelyne Richer - La Presse Canadienne

Les contribuables québécois devront se serrer la ceinture encore un peu plus, en 2011-2012.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a annoncé jeudi dans son
deuxième budget que Québec gardait le cap sur le retour à l’équilibre
budgétaire en 2013-2014, et il semble que les citoyens devront accélérer
le pas et consentir à faire un effort de plus pour lui permettre de
crier victoire, car le temps commence à manquer.

M. Bachand n’a toujours pas identifié le milliard de dollars nécessaire
pour espérer parler de déficit zéro en 2013, tandis que l’objectif de
contrôler la croissance des dépenses du gouvernement demeure un défi
difficile à relever.

En 2011-2012, le déficit sera plus important que prévu à 3,8 milliards
$, au lieu de 2,9 milliards $, et il devrait être de 1,5 milliard $ en
2012-2013.

Un peuple qui contrôle ses finances publiques « reste maître de ses choix
et de son destin », a commenté le ministre en conférence de presse.

Dans l’intervalle, cependant, il faudra renflouer la colonne des
revenus. Le ministre Bachand a annoncé jeudi que les travailleurs et les
étudiants devront faire les frais de l’engagement du gouvernement à
boucler son budget.

Ainsi, le taux de cotisation à la Régie des rentes sera majoré de 0,15
point de pourcentage par an durant six ans dès 2012, alors que les
droits de scolarité des étudiants vont pratiquement doubler d’ici 2017,
atteignant 3793 $ en 2017.

Ces hausses s’ajouteront à l’augmentation du fardeau fiscal de
l’ensemble des Québécois déjà annoncée l’an dernier, à travers notamment
la hausse de la TVQ (passée de 7,5 à 8,5 pour cent, en 2011, puis à 9,5
pour cent, en 2012) et la cotisation santé qui atteindra 200 $ l’an
prochain.

Pendant ce temps, malgré tous les programmes de compressions
budgétaires, le gouvernement voit ses dépenses augmenter sans cesse. Le
taux de croissance des dépenses de programmes et des fonds dédiés sera
de 3,7 pour cent en 2011-2012, soit davantage que la limite prévue de
2,8 pour cent. Seulement pour les dépenses des ministères, la hausse des
dépenses atteindra 1,4 milliard $, pour un grand total de 61 milliards
$.

Quant à eux, les futurs parents devront se montrer patients, car Québec,
fauché, créera des places de garderie à 7 $ au compte-gouttes. Les 15
000 nouvelles places promises en 2008, à livrer avant la fin du présent
mandat, ne seront en fait pas disponibles avant 2016, au mieux. Un appel
d’offres pour une première tranche de 3000 places sera lancé en 2012.

Leurs parents et grands-parents ne seront pas nécessairement plus gâtés.
En ces temps de pénurie anticipée de main-d’oeuvre et de vieillissement
de la population, les personnes âgées de plus de 65 ans qui retarderont
la date de la retraite auront droit à une rente bonifiée, tandis que
celles pressées de prendre congé du travail avant de souffler 65 bougies
seront pénalisées. Ces mesures seront implantées graduellement à
compter de 2013.

Dans un autre ordre d’idées, en prévision du Plan Nord, qui doit être
annoncé sous peu, Québec crée un fonds et prévoit y investir jusqu’à 500
millions $ au cours des cinq prochaines années.

Toujours dans le but de renflouer ses coffres, Québec mettra aussi
certaines entreprises à contribution. Ainsi, le gouvernement s’engage à
réviser à la hausse le régime de redevances pour le gaz de schiste. Le
taux de redevances sur les profits sera variable et pourrait passer d’un
maximum actuel de 12 pour cent à 35 pour cent.

Par ailleurs, pour stimuler la croissance des entreprises culturelles,
un fonds de capital de risque sera créé et doté de 100 millions $ pour
assurer le rayonnement culturel du Québec à l’étranger.

Dans les écoles, de nouveaux tableaux numériques interactifs et des
ordinateurs portables pour les enseignants nécessiteront des dépenses de
240 millions $ au cours des prochaines années.

Québec revoit aussi le plan de financement des universités, qui crient
famine depuis longtemps, et injectera cette année dans le réseau 74
millions $ supplémentaires. A terme, d’ici 2016-2017, le plan devrait se
traduire par un ajout de 850 millions $ au réseau, une somme qui sera
cependant acquittée en bonne partie par les étudiants eux-mêmes grâce
aux droits de scolarité majorés.

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