Deux semaines après avoir animé une première conférence intitulée «Aider mon enfant à développer son potentiel hétérosexuel» et dix jours après avoir fait l’objet d’une chronique peu élogieuse signée par Patrick Lagacé, dans La Presse, l’animateur et auteur Michel Lizotte a tenté de rétablir sa réputation ce matin. Son discours, par contre, n’a subi aucune altération.
Michel Lizotte, qui est diplômé en journalisme, milite depuis plusieurs années contre les homosexuels. Selon lui, ces personnes ont choisi un «mode de vie» qui n’est pas naturel.
Cinq ans de recherches lui auraient permis de découvrir une issue thérapeutique pour les homosexuels qui sont malheureux de leur condition. Ces découvertes, M. Lizotte souhaitait les partager avec la population, mais particulièrement avec les parents inquiets de voir «leur garçon s’habiller en fille ou leur fille s’habiller en garçon».
«Mon objectif, en tant que journaliste, c’est d’être le chien de garde de la population, a-t-il expliqué en point de presse. Je pense que la population a droit à une information juste et c’est mon devoir de donner les deux côtés de la médaille de l’homosexualité. Les objectifs de la formation m’apparaissent tout à fait corrects, je ne pense pas qu’il y ait rien d’homophobe là-dedans.»
«Discours marginal»
Le conférencier a eu beau préciser que ses dires étaient fondés sur des études et ne tenaient pas de la croisade homophobe, le président de Gai Écoute, Laurent McCutcheon, n’a pas été impressionné.
«C’est un discours marginal, mais ça demeure très inquiétant de voir quelqu’un s’en prendre à l’homosexualité de cette façon-là, a-t-il affirmé. Ce n’est pas vrai que sur le plan scientifique, il y a un consensus sur lequel [Michel Lizotte] peut se baser. Les études qu’il cite sont des études marginales. C’est comme si je voulais démontrer que la Terre est plate. C’est sûr qu’à force de chercher, je trouverais des études qui le prouveraient.»
Michel Lizotte, pourtant, persiste et signe. Il a notamment affirmé ne pas comprendre pourquoi les gouvernements ne rendaient pas publiques les études sociologiques qui démontrent que les personnes ayant des relations homosexuelles ont «183 fois plus de risque de contracter le VIH, 50 fois plus de risque d’être infectées par le SIDA ou 40 fois plus de risque d’être touchées par une ITS».
«Je ne me prononce pas à savoir si c’est bien ou mal d’être homosexuel, mais je pense qu’il est important de savoir que des pratiques hétérosexuelles et homosexuelles ne mènent pas à la même place, a-t-il soutenu. Je pense que les personnes qui luttent contre des attraits homosexuels ont le droit d’avoir les informations que je donne.»
Fait à noter, les conférences que devaient offrir Michel Lizotte le 9 novembre et le 7 décembre ont été annulées.