À quoi voit-on qu’une artère commerciale s’essouffle? Au nombre de commerces inoccupés. Sur le boulevard Saint-Laurent, entre la rue Sherbrooke et l’avenue du Mont-Royal, pas moins de 21 commerces sont vides. Il y a deux ans, à la fin des 13 mois de pénibles travaux de réhabilitation sur la Main, il y avait 40 % moins de commerces inoccupés.
Selon les chiffres de la ville, le taux d’inoccupation des 600 places d’affaires situées dans le périmètre s’élève à 6,2 %, «un chiffre qui a diminué depuis deux ans et qui est similaire aux autres artères commerciales», ajoute Francis Blouin, DG de la Société de développement commercial du boulevard Saint-Laurent.
Pour certains observateurs, la Main a perdu de son lustre. En face du complexe Ex-Centris, amputé de son potentiel cinématographique, quatre commerces sont vides depuis des mois. «La location des locaux ne semble pas être une priorité des propriétaires», déplore M. Blouin. Plus loin, au coin de la rue des Pins, un édifice menace de s’écrouler. «Là, c’est un problème de succession, on ne peut rien faire», précise M. Blouin
Comment en est-on arrivé là ? «C’est difficile de trouver des raisons qui expliquent tout», ajoute-t-il, citant en rafale, les travaux de 2008, la récession et les coûts de stationnement.
On pourrait pousser sa réflexion en se demandant si on n’assiste pas à une tentative de prise de contrôle du sud de l’artère commerciale par l’industrie du nightlife et de la restauration. Les loyers prohibitifs demandés pour les commerces vacants éliminent de fait les petits commerces de proximité qui permettent pourtant de d’augmenter l’achalandage pendant la journée.