Couche-Tard a décidé de fermer son dépanneur situé à l’angle des rues Saint-Denis et Beaubien mercredi soir. La dizaine d’employés que comptait l’établissement étaient en processus de syndicalisation auprès de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis le 14 mars. Il s’agit du deuxième dépanneur à être fermé par l’entreprise. En novembre 2009, une succursale de Beloeil avait connu le même sort. À cette époque, les employés du dépanneur tentaient aussi de se syndiquer.
La CSN a vivement dénoncé, jeudi, la décision de Couche-Tard, la qualifiant de «coup de force». «Couche-Tard n’a aucune considération pour ses employés, a estimé le vice-président de la CSN, Louis Roy. Nous parlons ici d’un établissement très rentable, qui vient d’être rénové et, sans aucun préavis, Couche-Tard décide tout à coup d’en faire un exemple pour intimider tous les autres salariés de la chaîne qui souhaitent se syndiquer.»
La centrale syndicale a indiqué avoir demandé à ses avocats d’étudier les recours possibles contre Couche-Tard. La CSN a déjà déposé une plainte pour intimidation à la Commission des relations du travail à la suite de la diffusion dans les établissements Couche-Tard d’une vidéo interne dans laquelle le président, Alain Bouchard, tient des propos durs à l’égard des syndicats.
Couche-Tard a démenti, en milieu de journée, les «allusions erronées» de la CSN. «Couche-Tard a toujours appliqué une politique rigoureuse d’analyse du rendement de ses magasins, peut-on lire dans le communiqué publié par l’entreprise. Ils sont donc régulièrement soumis à une grille d’évaluation très stricte. Malgré des mesures correctives, l’établissement concerné n’atteignait toujours pas les standards établis par l’entreprise et demeurait ainsi non rentable. Par conséquent, les dirigeants n’ont eu d’autre choix que de devoir procéder à sa fermeture immédiate.»
Syndicalisation
Trois autres établissements Couche-Tard du Québec se sont récemment syndiqués ou sont en voie de l’être. Selon la CSN, les employés du dépanneur situé à l’angle des rues Iberville et Jean-Talon ont entrepris leurs négociations afin de parvenir à la signature d’une première convention collective. Cette information a toutefois été démentie par Couche-Tard, qui a indiqué que la CSN avait demandé un report du début des pourparlers.