Montréal

La mairesse de Pierrefonds-Roxboro se défend d'avoir mal agi

Le ministère des Affaires municipales a réprimandé la mairesse de l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, Monique Worth, pour avoir demandé des remboursements de frais qu’elle aurait dû assumer à même son compte de dépenses. Mme Worth se défend d’avoir agi de mauvaise foi.

«Je ne me serais pas représenté devant le public si j’avais eu des choses à me reprocher, a affirmé mardi celle qui tient les rênes de l’arrondissement de l’ouest de l’île depuis 2001. Toutes les dépenses qui ont été enregistrées depuis que je suis ici ont toujours été faites pour des citoyens de Pierrefonds, des institutions ou des regroupement de l’arrondissement.»

Pierrefonds-Roxboro a entre autres assumé des frais de repas auxquels Mme Worth a pris part. «[Ces frais] ne peuvent pas être remboursés à moins que tous les élus n’aient été invités à y participer», a précisé le sous-ministre Marc Lacroix, dans une lettre datée du 14 mars adressée à la mairesse.

Le ministère a également épinglé le conseiller Bertrand Ward qui a obtenu un dédommagement pour des appels interurbains faits alors qu’il se trouvait en Floride. M. Lacroix a statué que «les frais encourus par ce choix [personnel] n’ont pas à être assumés financièrement par les citoyens.»

Les dépenses inadmissibles en vertu de la Loi sur le traitement des élus municipaux totaliseraient environ 1600$ par année depuis 2002, selon Monique Worth. «Le sous-ministre ne nous demande pas de rembourser parce que je pense qu’il a pris en considération les montants et les raisons pour lesquelles ces dépenses ont été faites», a rapporté la mairesse. Elle a insisté pour dire que les élus se sont conformés aux demandes du sous-ministre, notamment en ce qui a à trait à la lecture de sa lettre devant le conseil d’arrondissement et la nécessité de rencontrer le conseiller à l’éthique.

C’est le candidat de Projet Montréal à la mairie de Pierrefonds-Roxboro aux dernières élections, Michael Labelle, qui a alerté le ministère sur l’existence de dépenses contestables déclarées par des élus de l’arrondissement. Il avait au préalable avisé à sept reprises le bureau du maire de Montréal. «À chaque fois, on me donnait des réponses anodines et niaiseuses, a-t-il dit. On me traitait comme un imbécile. (…) C’était évident que c’était impossible d’avoir une réponse honnête et transparente du bureau du maire.»

Les comptes de téléphones cellulaires des élus qui ont subitement gonflé pendant la campagne référendaire de 2004 et la campagne électorale de 2005 ont mis la puce à l’oreille à M. Labelle. «Les temps d’antenne ont augmenté et c’était le public qui payait, a-t-il dénoncé. C’était évident ce qu’ils faisaient: ils militaient pour leur cause.»

Depuis 2008 ou 2009, les élus de Pierrefonds-Roxboro versent à la Ville un certain montant d’argent à tous les trois mois pour compenser l’utilisation personnelle qu’ils font de leur téléphone cellulaire.

Le candidat de Projet Montréal, Michael Labelle, espère que l’avis du sous-ministre Marc Lacroix sera entendu par l’ensemble des arrondissements montréalais. Il est convaincu que d’autres élus se font rembourser des dépenses inadmissibles selon la Loi sur les traitements des élus municipaux.

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