Au cours des quatre dernières années, le pont Mercier a subi une détérioration accélérée au point où plusieurs des éléments corrodés, déformés, perforés ou désagrégés de la structure «affectaient sa capacité de façon importante», indique un rapport d’inspection générale rendu public lundi.
«On n’était pas au point de l’effondrement, a précisé lundi le ministre des Transports, Pierre Moreau. Au moment où la décision a été prise de fermer le pont à la circulation automobile, [le 14 juin dernier], on était sur le point de franchir notre seuil de sécurité.»
Du moins de janvier à juin dernier, une quinzaine d’ingénieurs ont examiné les 4000 éléments du tronçon du pont qui permet aux automobilistes de se rendre sur la Rive-Sud. Résultat: un drapeau rouge a été levé pour 346 de ses éléments et la fermeture du pont a été décrétée à la suite d’analyses plus poussées.
Cette dégradation accélérée est attribuable, selon le ministère des Transports du Québec (MTQ), à l’âge de la structure – environ 80 ans –, à la charge toujours plus importante des camions et à l’épandage d’abrasifs pendant l’hiver.
La dernière inspection générale du pont Mercier en direction de Châteauguay datait de 2007. D’importants travaux de réfection ont par la suite été déclenchés. Cette structure doit en principe faire l’objet d’une inspection générale à tous les deux ans, a indiqué la sous-ministre adjointe au MTQ, Anne-Marie Leclerc, mais lorsqu’il y a des travaux, elle est reportée à plus tard. «Dans le cas du pont Mercier, par mesure de précaution, on a décidé d’en faire une [même s’il y avait des travaux]», a-t-elle expliqué. Elle a indiqué qu’à l’avenir, les inspections générales seront effectuées «au besoin» sur le pont Mercier.
Jusqu’à présent, les travaux jugés prioritaires ont tous été réalisés, ce qui a permis la réouverture d’une voie de circulation le 5 septembre dernier. Le MTQ maintient la cadence afin de pouvoir rouvrir une seconde voie au mois de décembre. D’autres travaux de réfection devront être effectués sur le pont Mercier en direction de la Rive-Sud, mais ils s’échelonneront sur les trois ou quatre prochaines années.
Le MTQ devra aussi tenter de freiner la dégradation de l’état de la structure. Les ingénieurs de Dessau, mandatés par le ministère pour examiner le pont Mercier, l’ont enjoint à s’attaquer rapidement à la peinture de la structure qui, n’offrant plus une protection adéquate, accélère sa détérioration. Dans une lettre datée du 5 septembre, le vice-président expertise – Pont et Ouvrage d’art de Dessau, Christian Lemay, écrit que le pont Mercier présenterait de nouveau un problème de sécurité si les travaux de peinture ne sont pas complétés avant décembre 2012. Le MTQ a mentionné qu’ils seront effectués «le plus tôt possible».