Vingt-deux ans après le meurtre de 14 jeunes femmes à la
l’École Polytechnique, la violence faite aux femmes n’a pas disparu. En
revanche, le registre des armes à feu, créé après la tragédie du 6
décembre 1989, sera éliminé par les conservateurs. Sommes-nous revenues
à la case départ?
«Même si les gestes ne sont pas tous aussi
spectaculaires que la tuerie de Polytechnique, on continue de voir
chaque année des femmes agressées, blessées et tuées», souligne Louise
Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de
violence conjugale.
Cet organisme fait partie du comité organisateur
de la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence
envers les femmes, qui tient aujourd’hui une commémoration des événements du 6 décembre devant le palais de justice de Montréal.
«Un
exemple de violence qu’on n’aurait pas vu il y a 20 ans se fait au
moyen du cellulaire, qui est devenu une façon [pour certains hommes]
de contrôler [leur] conjointe pour lui demander où elle est, avec qui,
etc.», explique Mme Riendeau.
Même si la violence ne diminue pas, Mme
Riendeau constate certaines améliorations. «Aujourd’hui, les jeunes
femmes victimes de violence conjugale font plus rapidement appel à la
police qu’avant. Autrefois, elles subissaient la violence durant
plusieurs années avant de porter plainte», indique-t-elle.
Le
phénomène ne semble pas non plus s’être aggravé. En effet, si les
statistiques des policiers ont augmenté, cela signifie plutôt que
davantage de femmes dénoncent la violence, souligne Mme Riendeau.
Elle
rappelle toutefois que beaucoup de femmes craignent encore aujourd’hui
de ne pas être prises au sérieux lorsqu’elles sont victimes d’agression
sexuelle. «Cela nous montre qu’il nous reste encore du travail à faire».
Le registre et la FTQ
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’est indignée du projet de loi des conservateurs qui a pour but d’abolir le registre des armes à feu, registre créé au lendemain de la tragédie de Polytechnique.
«Le registre des armes a maintes fois prouvé son efficacité pour prévenir et réduire les crimes, les homicides conjugaux, les suicides», ont déclaré dans un communiqué les vice-présidentes de la FTQ, Monique Côté, Louise Mercier et Marcelle Perron.