Montréal

Le Contrôleur général critique l’efficacité du déneigement

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles n’échappe pas aux critiques du Contrôleur général de la Ville qui déplore un manque d’efficacité dans les opérations de déneigement et d’épandage d’abrasif lors de la dernière tempête de verglas. À la lumière de ce rapport, le maire Denis Coderre a annoncé qu’il mettra une politique du déneigement sur pied.

Dans son rapport d’une quarantaine de pages, le contrôleur Alain Bond recommande l’établissement de «normes de services» identiques pour tous les arrondissements lors des opérations de déneigement. Il estime aussi qu’il serait bénéfique pour la Ville de revoir les stratégies d’épandage d’abrasifs sur les trottoirs.

«C’est une série de petits échecs» qui explique les ratés de la Ville, a conclu le maire de Montréal.

Chantal Rouleau, la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, salue le travail du Contrôleur.

«C’est un travail précieux, même s’il a été très exigeant. Ça nous a permis de vérifier ce qui se fait de mieux et d’identifier nos forces ainsi que nos faiblesses. Avec ce rapport, nous sommes mieux préparés pour la prochaine tempête», estime la mairesse.

Quelques pépins
En général, Mme Rouleau s’est dite satisfaite du travail de ses équipes de déneigement.

«Je crois que nous avons bien fait, vu les circonstances, mais nous aurions pu faire mieux. On peut toujours faire mieux», commente-t-elle.

Dans son rapport d’une quarantaine de pages, le Contrôleur général relève toutefois quelques problèmes dans l’arrondissement. Il note, entre autres, le manque d’efficacité des abrasifs utilisés.

C’est d’ailleurs ce mélange de pierres et de 10% de sel qui serait à l’origine de la perte de contrôle des trottoirs, au cours de la tempête. En seulement une heure de pluie verglaçante, les abrasifs ont été ensevelis sous la glace et sont donc devenus inefficaces.

Pour pallier ce problème, plusieurs arrondissements ont utilisé un mélange plus performant de sel prétrempé avec du chlorure de magnésium. La mairesse admet d’ailleurs que l’approvisionnement en abrasifs devra être revu.

Le Contrôleur remarque également qu’à deux reprises, moins de 90% des effectifs étaient à l’œuvre. Malgré tout, il souligne que «l’arrondissement n’a observé aucune problématique relativement à la disponibilité de la main-d’oeuvre, tant sur le nombre d’effectifs que sur les équipements qui devaient être utilisés.»

Mme Rouleau affirme d’ailleurs que la politique de déneigement de la Ville sera la solution à ce genre de problème.

«Elle permettra de créer un “pool” de ressources, explique-t-elle. Comme ça, si un arrondissement manque de main-d’œuvre ou de machinerie, il pourra aller y puiser. Il ne s’agit pas d’une centralisation, mais d’établir les mêmes règles pour chacun.»

La mairesse estime que les changements climatiques sont bien réels et que les administrations publiques, tout comme les citoyens, devront maintenant en tenir compte.

(En collaboration avec Laurence Houde-Roy)

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Récit d’une tempête

Le Contrôleur général a réalisé une série d’entrevues téléphoniques avec les responsables des travaux publics et des représentants syndicaux pour rédiger son rapport dans lequel il relate le récit de la tempête.

Le samedi 3 janvier, 23 cm de neige se sont abattus dans les rues de la métropole. Dès 1h, le lendemain, ces précipitations se sont transformées en un cocktail de neige, de pluie verglaçante et de grésil qui sont tombés jusqu’en fin d’après-midi.

C’est à ce moment que l’arrondissement a mobilisé tous ses effectifs pour enclencher l’opération de déglaçage.

Malgré ce délai, la mairesse Rouleau estime que les gestionnaires ont pris la bonne décision.

Deux véhicules ont alors été retirés des rues pour être utilisés pour charger les trois véhicules d’épandage de fondants et d’abrasifs sur les trottoirs.

Le lendemain matin, le mercure a chuté près de la barre des -20°C. Sept véhicules d’épandage à trottoir supplémentaire ont été ajoutés.

Alors que l’opération d’épandage d’abrasif allait bon train, l’arrondissement a également mis en branle son opération de chargement de la neige.

Pourtant, le Contrôleur note cependant que «les gestionnaires [de l’arrondissement] considèrent qu’ils n’ont pas la structure pour faire des interventions en simultanées.»

Le Contrôleur estime que les administrateurs auraient plutôt dû favoriser l’opération de déglaçage.

 

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