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Bernier montre à la planète où il cache ses clés

Lina Dib - La Presse Canadienne

OTTAWA – Le ministre Maxime Bernier a dû se défendre mercredi d’avoir manqué de jugement. On reproche au ministre d’avoir permis à une équipe de télévision de le filmer montrant où il cache les clés de sa voiture.

Le reportage sur la gestion économique du pays a été diffusé sur TV5. Le réseau canadien CTV s’en est emparé mardi soir, soulignant l’imprudence du ministre d’État de la Petite entreprise et du Tourisme.

On voit M. Bernier arriver tôt sur la colline parlementaire, stationner sa voiture, cacher ses clés derrière le pneu, côté conducteur. «Dites pas ma cachette à personne,» blague-t-il à la caméra. «Je mets toujours mes clés ici,» précise-t-il, avant de s’élancer pour sa séance de jogging matinale.

Maintenant que ces images ont été largement diffusées au Canada, M. Bernier a senti le besoin de s’expliquer. Mercredi matin, à l’entrée de la réunion du caucus conservateur, le ministre s’est présenté devant les caméras.

«J’aimerais vous dire que je ne transporte aucun document du gouvernement du Canada dans ma voiture personnelle», a-t-il répété en français et en anglais. Il a refusé de répondre aux questions sur le risque qu’il prend de se faire voler sa voiture personnelle.

Manifestement, le ministre avait surtout en tête l’épisode Julie Couillard. Ses relations avec la jeune femme qui avait entretenu des rapports avec des motards criminalisés l’avaient mis dans l’eau chaude en 2007. Et c’est finalement en prétextant un oubli de documents chez elle que M. Bernier avait offert sa démission du portefeuille des Affaires étrangères.

L’opposition n’a pas oublié l’affaire non plus.

«C’est vraiment un manque de jugement de sa part et ce ne serait pas la première fois», a fait remarquer le néo-démocrate Yvon Godin, mercredi matin, en commentant les images du reportage de TV5.

«Ce que je trouve bizarre, c’est que M. Harper persiste à faire confiance à cet homme-là pour faire partie de ceux qui dirigent le pays», a renchéri son collègue néo-démocrate Alexandre Boulerice, avant de tourner, lui aussi, l’affaire en dérision.

«J’espère qu’il ne met pas les clés de sa maison en dessous de son tapis chez lui.»

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