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Programme de formation: déjà 55 000 préposés aux bénéficiaires intéressés

CHSLD

François Legault, le premier ministre du Québec

Déjà 55 000 personnes ont soumis leur candidature pour participer au tout nouveau programme de formation des préposés aux bénéficiaires, a confirmé mardi le gouvernement du Québec. La nouvelle est toutefois bien mal reçue dans plusieurs établissements privés de la province.

«Juste avant d’entrer en chambre, on me disait qu’il y avait 17 000 inscriptions», avait indiqué le chef de la CAQ, François Legault, en début d’après-midi, en réponse à des députés de l’opposition à l’Assemblée nationale. En fin de journée, mardi, plus de 38 000 personnes supplémentaires s’étaient manifestées, pour un total de 55 000. Québec affirme avoir ouvert les inscriptions un peu avant midi.

«Nous sommes très heureux de voir que les Québécois ont répondu en si grand nombre, précise l’attachée de presse la ministre Marguerite Blais, Marjaurie Côté-Boileau. Bien entendu, une sélection devra être faite selon les critères d’admission.»

La semaine dernière, le gouvernement lançait une vaste opération de formation et de recrutement de 10 000 préposés aux bénéficiaires d’ici le 15 septembre. La formation express des préposés, d’une durée de trois mois, sera offerte à travers la province, dans une cinquantaine de centres de formation professionnelle.

C’est probablement l’offre alléchante du gouvernement qui explique le grand nombre d’inscriptions. En effet, les autorités promettent un salaire de 21$/heure pendant la formation, qui se transformera en 26$/heure après la formation, avec un emploi à temps plein. «On ne veut pas des gens qui sont juste là pour le salaire», a toutefois prévenu M. Legault, ajoutant qu’il faut d’abord «aimer les aînés».

Plusieurs inquiétudes persistent

Or, l’annonce de ce nouveau programme est loin de faire l’unanimité au Québec. Le réseau des ressources intermédiaires d’hébergement, lui, craint que le programme de formation, qui est rémunéré à 21$/heure, entraîne «une vague de départs» dans ses rangs. En moyenne, un préposé travaillant dans une ressource intermédiaire gagne entre 13 et 14$ de l’heure.

«Au moins deux propriétaires me disent qu’ils vont carrément devoir fermer. Il y en a un qui a perdu cinq employés sur neuf à cause de ce programme. C’est très difficile pour nous d’absorber ça», explique à Métro Valérie Coombs, la propriétaire de la résidence Desautels, à Montréal.

«Oui, les CHSLD ont besoin de personnel, mais tout ça se fait aux dépens des autres ressources, qui vont devoir fermer. C’est ça qui s’en vient. Et ça va juste augmenter la crise ailleurs dans le réseau.» -Valérie Coombs, gestionnaire d’une résidence privée

Elle dit avoir «extrêmement peur» pour son avenir. «On se fait carrément insulter quand on publie nos offres d’emploi; les gens nous disent que les conditions sont beaucoup plus agréables dans les CHSLD. Sans meilleures conditions, on craint un exode», ajoute-t-elle.

Comme plusieurs autres gestionnaires, Mme Coombs demande une augmentation de salaire «conséquente» pour ses membres, afin d’éviter le pire, déplorant que son salaire n’équivaut en rien à ce qu’on peut gagner au public.

Legault prêt à prendre la critique

Interpellé à ce sujet mardi, lors d’une mêlée de presse, François Legault s’est fait catégorique. «On a le droit de se dire au Québec que les CHSLD sont une priorité, et qu’on veut avoir les meilleurs, des gens qui sont capables humainement de s’occuper de nos aînés, mais qui sont aussi bien payés», a-t-il illustré, se disant «prêt à prendre ces critiques».

«Ça fait tellement d’années qu’on manque de personnel. À un moment donné, il faut agir», a ajouté M. Legault, qui a de nouveau vanté les conditions de travail très «avantageuses» dans le réseau des centres d’hébergement.

«Le taux de chômage est élevé, et il y a des secteurs très affectés qui vont l’être encore des mois. Il y a donc une disponibilité de personnel.» -François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a par ailleurs réitéré que plusieurs actions ont été posées pour aider les employeurs à mieux payer leurs employés à l’extérieur du réseau public. «On doit revoir le niveau de salaire dans les résidences privées», a-t-il dit.

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