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GNL Québec: un moratoire jusqu’à 2023 exigé pour protéger les bélugas

Un béluga

La présence en grand nombre des bélugas du Saint-Laurent dans le fjord du Saguenay force un groupe de chercheurs québécois à intervenir. Dans un rapport, il demande un moratoire immédiat sur toute augmentation de la circulation maritime, un processus qui, si adopté, mettrait des bâtons dans les roues du projet de liquéfaction de gaz GNL Québec.

Signée par des auteurs de l’Université du Québec en Outaouais et du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), le document est accompagné de statistiques étonnantes sur la présence des bélugas dans la région.

«Au moins 50% des animaux et 67% des femelles fréquentent le fjord du Saguenay», ce qui en fait l’un des principaux lieux de reproduction de l’animal, expliquent les chercheurs.

Devant ces résultats, et étant donné la présence accrue de navires dans le fjord, le GREMM exige dès maintenant l’émission d’un moratoire.

«Il est impératif de prendre le temps de mener une évaluation adéquate et complète de l’exposition des baleines à la navigation grâce au simulateur mis au point par les experts avant d’autoriser de nouveaux projets augmentant le trafic maritime», martèle l’organisme.

Dans ce contexte, le moratoire durerait au moins jusqu’en 2023, estime-t-on.

Des échos à Québec

Mercredi à l’Assemblée nationale, Québec solidaire s’est rangé du côté des auteurs du rapport, exigeant du même coup le même moratoire.

«GNL-Québec va augmenter drastiquement le trafic maritime dans le Saguenay. Donc c’est très important que le gouvernement écoute le message des scientifiques», a martelé la critique en matière d’environnement du deuxième groupe d’opposition, Ruba Ghazal.

GNL Québec vise à mettre sur pied un large gazoduc et une usine de liquéfaction dans le but d’acheminer du gaz naturel liquéfié dans des pays importateurs. Au total, le projet, que l’entreprise souhaite terminer en 2026, transporterait 11 millions de tonnes de gaz par an.

Au Parti québécois, on appelle également à se pencher «du côté de la science».

«Deux années d’étude, ce n’est pas un luxe lorsqu’il est question de préserver la biodiversité», a avancé le député péquiste Joël Arseneau en matinée mercredi.

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