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Le budget fédéral 2021 fait-il des heureux ou des malheureux?

Chrystia Freeland

La ministre des Finances et vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a présenté son premier budget fédéral, à la Chambre des communes du Canada. C’est l’occasion de constater si celui-ci fait plus d’heureux ou de malheureux. Le premier budget présenté par une femme au Canada ne déroge pas à la règle.

Chrystia Freeland voulait un budget qui vise à «soutenir ceux qui ont souffert». Le présent budget cible différentes minorités comme les autochtones, les minorités visibles, les personnes en situation économique fragile, les aînés et les femmes.

Environnement

Guillaume Hébert, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socioéconomiques (IRIS), pense qu’il aurait été souhaitable de contraindre davantage les industries les plus polluantes au pays.

« On vit une crise sanitaire oui, mais aussi une crise climatique et des inégalités de richesse qui entraînent des problèmes sociaux importants. L’heure n’est plus aux demi-mesures.» – Guillaume Hébert, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socioéconomiques (IRIS)

Il fait remarquer que le budget fédéral 2021 ne consacre que 2,4% des nouveaux investissements, soit 1,2 G$ en 2021-2022, à la transition vers une économie faible en carbone.

La CSN abonde dans ce sens: «l’urgence climatique nécessite des interventions beaucoup plus musclées. L’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta qui continue d’être au cœur de la stratégie de développement économique du gouvernement fédéral est un réel problème.»

Fiscalité

Jagmeet Singh, chef du Nouveau parti démocratique (NPD), regrette l’absence de politique fiscale ciblant les «ultra-riches». «Ce budget ne prévoit pas d’impôt sur la fortune, pas d’impôt sur les profits excédentaires, et une simple consultation sur les changements nécessaires pour fermer les paradis fiscaux. Au lieu de vous choisir, les libéraux choisissent les ultra-riches.»

Même son de cloche du côté du Syndicat de la fonction publique (SCFP), il considère que ce budget ne défend pas assez les personnes vulnérables.

Le budget prévoit des taxes de 10 à 20% pour les biens de luxe comme les voitures de luxe et les avions de 100 000$ et plus et les bateaux privés de 250 000$.

Programmes d’aides

Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) salue les «nombreuses avancées» du budget fédéral, notamment la prolongation de la période de prestations maladie de l’assurance‑emploi de 15 à 26 semaines.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, aimerait cependant que l’on aille plus loin. «Le contexte de la COVID nous a mis en pleine figure les lacunes du régime d’assurance-emploi, le gouvernement doit réformer ce programme en profondeur.» Il se satisfait toutefois du prolongement de ces programmes d’aides comme c’est le cas avec la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE).

Santé

Tout récemment, François Legault et les autres premiers ministres des provinces canadiennes demandaient une augmentation des transferts en santé dans le futur budget fédéral. La ministre Chrystia Freeland ne les a pas entendus, constate Anne Plourde, chercheuse à l’IRIS.

«On voit difficilement comment le gouvernement fédéral peut justifier […] des investissements qui ne permettent pas de répondre à l’ampleur des besoins dans le secteur des soins de longue durée.» – Anne Plourde, chercheuse à l’IRIS

Québec demandait une hausse des transferts en santé de près de 6 G$, le présent budget prévoit une enveloppe de 600 M$ par année à partir de 2022-2023, ce qui devrait représenter une part de 140 M$ pour le Québec.

Logement

Le gouvernement souhaite investir 2,5 G$ dans l’aide à la construction et réparation de 35 000 logements mais cela «n’est pas à la hauteur de la crise actuelle du logement», selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

«On espérait beaucoup mieux, compte tenu de l’adoption récente d’une loi reconnaissant le droit au logement, des promesses du dernier discours du Trône de bonifier la Stratégie sur le logement et des promesses de la nouvelle ministre des Finances», a réagi Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU

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