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Somaly Mam: Esclave sexuelle à 12 ans, femme modèle à 40

Le trafic d’êtres humains représenterait un chiffre d’affaires de plus de 10 G$ par an. L’une de ses formes les plus odieuses est le trafic sexuel de mineurs, une activité qui touche essentiellement les filles et contre laquelle se bat depuis 15 ans Somaly Mam. Elle était à Montréal hier dans le cadre de sa campagne canadienne de collecte de fonds.

En cambodgien, Somaly signifie «le collier de fleurs perdu dans la forêt vierge», un prénom qui résume bien son passé douloureux. À 12 ans, l’orpheline décide de suivre un homme qui lui promet de l’aider à retrouver son père à Phnom Penh. C’est le début d’un long calvaire qui va durer près de 10 ans. Calvaire où se mêlent mauvais traitements, viols et reventes successives à des bordels dans lesquels elle reçoit six ou sept clients par jour.

À 40 ans, même si elle a raconté son histoire de centaines de fois, elle a encore du mal à évoquer cette période. «Je suis dans une pièce, pas de lit, pas de fenêtre, juste une bougie, on ne sait jamais si c’est le jour ou la nuit, ni quel jour de la semaine on est», raconte-t-elle. Vous croyez que c’est désormais chose du passé au Cambodge? Détrompez-vous.

Les trafiquants achètent encore des fillettes à leur famille pour environ 20 $. Ils les revendent en moyenne 700 $ aux bordels du Cambodge. Une semaine avec une vierge rapporte à ces derniers autour de 1 000 $.

«Pour redonner de la valeur à une fillette quand ils la revendent, les maquereaux n’hésitent pas à les recoudre, car si elles souffrent avec un client, c’est quelles sont vierges», dénonce Somaly Mam qui a recueillit plus de 5 000 filles dans ses centres depuis quinze ans. Elle a elle-même trois enfants conçus avec son ex-mari, un Français qui l’ai aidé à sortir de l’enfer il y a 20 ans.

Malgré tout, la situation s’améliore dans son pays, dit-elle. «L’une des filles qu’on avait récupérée à l’âge de sept ans va bientôt entrer à l’université en droit. Un jour elle sera capable de combattre les maquereaux», se réjouit Somaly Mam.

Le trafic humain est un fléau qui ne concerne pas que les pays en développement. Chaque année au Canada, quelque 800 personnes sont «trafiquées» pour le commerce du sexe ou le travail domestique, note l’organisme Au-delà des Frontières. L’organisme demande au Canada de durcir  sa législation pour que les criminels arrêtent de percevoir le Canada comme «indulgent envers ce crime».

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