Enfin, un lundi de congé. Sur la montagne, il fait 26 degrés à
l’ombre. Partout, les enfants courent et juste à côté, y’a un
bouledogue incapable de se calmer qui fait damner son maître. «Carmen,
reviens icitte tu-suite», qu’il lui crie. Carmen ne veut rien savoir. À
sa place, je ferais pareil. Fait bon, fait beau, ça fait que, heille…
Je regarde autour de moi, je ne vois que des gens avec des sourires larges comme la porte du garage. Les Latinos ont apporté leur ballon de soccer pour jouer avec les enfants. Là-bas, deux vieux vêtus de blanc avancent lentement en se tenant la main. Plus loin, je ne sais pas ce que les Asiatiques font cuire sur leur barbecue mais ça sent bon jusqu’ici, et les Anglaises d’en arrière crient fort. Quand ça s’amuse, fouillez-moi pourquoi c’est comme ça mais des Anglais, ça gueule toujours plus fort. Bizarre…
Le mont Royal, comme le parc Lafontaine, est un bijou. Allez dans n’importe quelle ville de dimension respectable à travers le monde et vous verrez comment on vénère et protège ces joyaux inestimables. C’est pour ça qu’à chaque fois qu’il y aura le moindre projet de construction qui pourrait à peine effleurer ces lieux sacrés, il faudra systématiquement protester à pleins poumons. N’oublions jamais que ce qui peut paraître tolérable aujourd’hui pourrait s’avérer être une tragique erreur du passé dans 50 ans. Allez voir des photos du coin de rue Sherbrooke Est et Pie- IX d’avant 1976 et vous comprendrez parfaitement ce que je veux dire. C’est à pleurer de rage…
Demain, qui aura la responsabilité de ces oasis nécessaires à la santé mentale et au «respir» collectif des Montréalais? Ça me fait dire qu’il faudrait procéder au plus tôt à l’adoption d’une politique claire et sans équivoque pour la conservation de ces lieux. Plus que n’importe quel monument, plus que n’importe quel Stade olympique ou autre Expo 67 de l’histoire, nos grands parcs demeurent encore à ce jour ce que nous possédons de plus beau. Et de plus accessible aussi. Au nom de la richesse de demain, il faudrait leur donner le titre de «monument municipal» le plus tôt possible.
Et si les Anglaises pouvaient baisser leur musique, je pourrais retourner à ma sieste…