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À chacun son histoire

Maintenant que les ailes du Moulin à paroles ont fini de battre, le temps des leçons est arrivé. Sans s’égarer sur le dessein réel de l’événement – était-il davantage culturel que politique? -, il est impératif que l’on se penche sur un léger détail, à savoir l’enseignement de l’histoire. De notre histoire. Que celle-ci soit constituée du Manifeste du FLQ ou de toutes les recettes culinaires de Jehane Benoît.

Le débat provoqué par l’imbroglio autour du rassemblement aura été capital. Au nom du respect que l’on doit à ceux qui vont nous suivre, on doit absolument assurer la passation de la mémoire par les textes. Il suffit parfois de si peu pour qu’un souvenir se torde. 

Il y a une dizaine d’années, j’étais en voyage à Cuba. Je m’étais retrouvé au beau milieu d’un groupe hétéroclite de vacanciers. Un soir au bar, une Montréalaise anglophone née en Inde avait décidé de me raconter l’histoire du Québec. Son histoire à elle, bien entendu. Selon ce qu’elle en savait, les francophones étaient débarqués au Québec vers 1960. «Avant, ça allait bien, tout le monde parlait anglais. Là, René Lévesque est arrivé avec des révolutionnaires. Ils ont fait la Crise d’octobre et ils ont tué plein d’anglophones. Après avoir assassiné des ministres en poste, ils ont pris le pouvoir et ils voulaient forcer tout le monde à parler français.» En plus, elle affirmait ça avec un de ces aplombs, mes amis… J’ai bien tenté de rectifier certains faits (!), mais ce fut peine perdue.

Peut-être que la fille était simplement épaisse. Peut-être qu’on l’avait aussi bien mal informée de ce qui s’était passé dans ce Québec qu’elle n’avait pas connu. Pourquoi pas. Il y a si longtemps que l’enseignement de notre histoire n’est plus une priorité ici. Quand on néglige de se raconter, on s’expose inévitablement à des sornettes du genre.

Que ces désinformés soient complètement ignorants ou bien foutument bornés, on pourra leur reprocher ce que l’on voudra seulement quand on aura au moins fait le minimum pour leur raconter ce qui s’est passé, ne serait-ce qu’en s’en tenant à l’ordre chronologique des événements. Mais à voir le désir de certains de biffer quelques épisodes de notre passé, c’est peut-être un signe qu’il nous reste encore un méchant bout de chemin à faire…

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