QUÉBEC – Amir Khadir a évoqué vendredi une « commande politique » pour
expliquer l’intervention policière musclée jeudi contre des étudiants
massés devant l’Assemblée nationale.
Le coporte-parole de Québec solidaire, qui a été témoin de la manoeuvre,
estime que le recours au gaz lacrymogène par les policiers anti-émeute
de la Sûreté du Québec n’était d’aucune façon justifié.
À ses yeux, les manifestants qui cherchaient à forcer un cordon policier
devant l’Assemblée nationale et qui lançaient des projectiles –
quelques bâtons et balles de neige – ne représentaient pas une menace
pour le bien public.
« Je n’ai pas vu de personnes menaçantes, ni pour moi, ni pour
l’Assemblée nationale. (…) On m’a dit qu’il y avait un bâton qui
aurait revolé. Mais même ça, est-ce que ça justifie qu’on envoie des gaz
lacrymogènes puis qu’on crée tout ce tumulte? », a-t-il relevé en point
de presse.
Selon le leader de gauche, la force utilisée par les autorités pour
disperser les étudiants soulève des questions sur les façons de faire
des policiers en situation trouble.
« Si c’était juste un acte isolé, on pourrait dire que c’est une erreur.
Mais ça s’ajoute à ce que nous vivons depuis six mois. Je vous rappelle
qu’il y a eu au moins deux, trois, quatre, cinq personnes qui ont perdu
la vie aux mains des policiers, des corps policiers, des corps de
sécurité dans des circonstances très questionnables », a-t-il raconté.
Le député de Mercier accompagne les associations étudiantes dans leur
lutte contre la hausse annuelle de 325 $ pendant cinq ans des droits de
scolarité. Il s’est mêlé à la foule de quelques milliers de manifestants
jeudi peu avant l’intervention de la police.
À son avis, les policiers n’ont peut-être pas agi en toute indépendance
dans ce dossier.
« Qui ordonne à ces gens-là de se comporter comme ça? J’espère que ce
n’est pas une commande politique de Mme Beauchamp (Line, ministre de
l’Éducation) pour intimider les étudiants », a-t-il suggéré.
S’il n’accuse pas directement la ministre d’être à l’origine de
l’intervention, M. Khadir considère néanmoins que des indices pointent
dans cette direction.
« Ça ressemble à ce que je vois de Mme Beauchamp, qui semble irritée et
qui veut montrer du poing vis-à-vis des étudiants. Mais ce n’est pas le
rôle des policiers d’être au service de Mme Beauchamp. Les policiers
sont là pour protéger l’ordre public et l’Assemblée nationale », a-t-il
déclaré.