TORONTO — Un gouvernement conservateur réélu ferait de sa principale priorité l’adoption du projet de loi sur les peines d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Le premier ministre sortant Stephen Harper en a fait la promesse dans un discours livré à Toronto, mardi. Son administration a déposé en mars dernier un projet de loi en ce sens.
Le chef conservateur, qui a encore une fois dû répondre aux questions insistantes des journalistes sur l’affaire Mike Duffy, a plaidé que les Canadiens comprennent que les criminels les plus dangereux, ceux qui ont commis des crimes «ignobles» ne puissent sortir de prison.
Le projet de loi C-53 s’appliquerait aux individus reconnus coupables de haute trahison et des crimes «les plus graves», incluant le meurtre prémédité d’un policier ou d’un agent correctionnel et les meurtres associés au terrorisme ou à des enlèvements. Le projet de loi est mort au feuilleton lorsque M. Harper a dissous le Parlement pour déclencher la présente campagne électorale.
Les conservateurs souhaitent ajouter les meurtres reliés à des agressions sexuelles, aux enlèvements et au terrorisme à la catégorie de crimes assurant la prison à vie à son auteur.
Et le dernier mot ne reviendrait plus à la Commission des libérations conditionnelles du Canada, mais bien au gouvernement, sur la recommandation du ministre de la Sécurité publique, toujours selon la mouture du projet de loi déposé aux Communes en mars dernier.
M. Harper continue de tenter de suivre le plan de campagne des conservateurs, se concentrant surtout sur des thèmes reliés à la sécurité des Canadiens. Il a haussé le ton, mardi, laissant entendre que la population sera protégée contre les pires criminels. «Quand ce projet de loi sera adopté, les criminels reconnus coupables de certaines catégories de meurtre au premier degré n’auront aucune possibilité d’obtenir une libération conditionnelle. Je parle ici des plus méchants des méchants», a-t-il déclaré.
«Franchement, toute possibilité de libération pour de tels criminels trahit le sens de la justice des Canadiens et notre foi en le système judiciaire», a-t-il ajouté.
Sharon Rosenfeldt, qui a contribué à la fondation de l’organisation Victims of Violence à la suite de l’assassinat de son fils par le tueur en série Clifford Olson, a parlé aux partisans conservateurs après le discours de M. Harper. Elle a dit que les audiences pour la libération conditionnelle d’Olson s’étaient avérées «indéniablement traumatisantes».
Olson est mort en prison en 2011. Il n’a jamais bénéficié d’une libération sous conditions.
Le chef conservateur a continué de défendre ses conseillers qui auraient été au courant de l’entente entre son ancien chef de cabinet Nigel Wright et Mike Duffy concernant le remboursement des dépenses litigieuses du s��nateur. Il a réitéré que seuls Duffy et M. Wright doivent en partager la responsabilité.