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La CSeries peut encore attendre, dit Couillard

Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

Alexandre Robillard - La Presse Canadienne

FARNBOROUGH, Royaume-Uni – Le programme d’avion CSeries de Bombardier n’a pas besoin du soutien financier du gouvernement fédéral dans l’immédiat, a déclaré dimanche le premier ministre Philippe Couillard.

M. Couillard a fait cette déclaration au Royaume-Uni, peu après avoir participé à un vol promotionnel du nouvel appareil CS100 de l’entreprise, dont le gouvernement québécois est partenaire.

«On a soutenu ça au moment où c’était critique, au moment où c’était nécessaire, au moment où l’on avait besoin de notre manifestation d’appui, a-t-il dit aux journalistes. Je suis très, très fier qu’on l’ait fait, tant mieux si Ottawa embarque avec nous, c’est pour la flexibilité à plus long terme du programme.»

À la veille de l’ouverture du salon de l’aéronautique de Farnborough, M. Couillard a répété que l’aide financière d’Ottawa est encore attendue pour développer le programme CSeries de Bombardier.

«L’aéronautique au Québec est ce que l’automobile est en Ontario», a-t-il dit dans un point de presse.

M. Couillard a cependant précisé que Bombardier, qui a bénéficié d’une prise de participation de 1 milliard $ US du gouvernement, a suffisamment de liquidités pour aller de l’avant avec les 370 commandes fermes passées jusqu’ici.

«À court terme, moyen terme, le programme est en voie, le pipeline de commandes est plein, a-t-il dit. Il y a assez de liquidités dans la compagnie pour faire avancer le programme, pour remplir toutes les commandes qui sont actuellement devant nous.»

M. Couillard a indiqué que du financement supplémentaire sera nécessaire plus tard dans le développement du programme.

«Le financement supplémentaire sera nécessaire pour assurer plus de flexibilité dans l’avenir, dégager de nouveaux marchés, développer de nouveaux modèles, a-t-il dit. C’est à Ottawa de prendre sa décision. Nous, on l’a prise, la décision. Et si cette décision n’avait pas prise, on ne serait pas là aujourd’hui.»

Assurant la première présence à Farnborough d’un premier ministre québécois, M. Couillard a expliqué qu’il avait fait le déplacement pour exprimer la fierté des Québécois envers la CSeries.

«On a été très fiers au Québec et avec raison de nos grands barrages, du métro de Montréal, on doit être aussi fiers de cet avion qui est derrière nous», a-t-il dit.

Durant son premier vol à bord de l’appareil, où il a survolé les côtes britanniques en compagnie de fournisseurs et partenaires de l’avionneur, M. Couillard l’a décrit comme l’avion dont «tous les Québécois» sont copropriétaires.

Aux journalistes avec qui il s’est plus tard entretenu sur le tarmac de l’aéroport, M. Couillard a affirmé qu’il ne voit pas d’incohérence dans le fait qu’il utilise, tout comme il est écrit dans la stratégie de l’aéronautique de son gouvernement, l’expression Série C, alors que Bombardier parle plutôt de la CSeries, y compris dans ses communications en français.

«C’est parce que c’est le nom commercial enregistré, il n’y a aucun problème avec ça, a-t-il dit. C’est une très bonne chose, tout le monde sait de quoi l’on parle.»

L’aide d’Ottawa est attendue depuis des mois par le gouvernement du Québec et Bombardier. L’entreprise a réussi à conclure deux importants contrats avec Air Canada et Delta, depuis l’annonce du partenariat avec le gouvernement québécois.

Le cabinet du ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains, a convoqué les médias à une conférence de presse, mardi à Farnborough, pour une annonce dont le contenu n’a pas été précisé.

Présent au salon britannique, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a affirmé qu’il doit rencontrer M. Bains cette semaine.

M. Bellemare a rendu hommage à la décision du gouvernement québécois de prendre une participation de 49 pour cent dans le programme de la CSeries.

«Il y a un an, les gens se demandaient si le programme allait être là, a-t-il dit. Aujourd’hui, on a un carnet de commandes qui va nous permettre une mise en production qui est exactement ce qu’on avait prévu il y a un an.»

M. Bellemare a affirmé que le salon de Farnborough ne sera pas le lieu de l’annonce de nouvelles ventes de l’appareil CSeries.

«Les commandes d’une compagnie aérienne ne sont pas dictées par un show, elles sont dictées par les besoins du client et c’est ce qu’on fait, a-t-il dit. On est très, très actifs avec plusieurs clients potentiels.»

M. Couillard a amorcé à Farnborough une mission européenne de près d’une semaine, qui doit le mener également en Allemagne où, après sa stratégie aéronautique, il fera la promotion de son plan de développement du secteur maritime au Québec.

Pour son passage au salon britannique, le premier ministre est accompagné de 33 entreprises québécoises du secteur.

M. Couillard s’est défendu d’avoir alimenté les critiques du concurrent de Bombardier, l’entreprise brésilienne Embraer, en affirmant que la transaction avec le transporteur Delta, annoncée fin avril, aurait été impossible sans l’investissement de son gouvernement.

«Il n’y a pas un dollar de subvention dans l’appui qu’on a donné à Bombardier, c’est uniquement une entente commerciale, a-t-il dit. Et je ne connais aucun endroit sur la planète, y compris les concurrents Boeing et Airbus, qui n’ont pas l’appui gouvernemental majeur.»

En mai, Embraer a menacé de recourir au tribunal de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester le soutien financier de Québec à son rival.

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