La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, se dit déçue de la teneur du premier débat télévisé de la campagne électorale, le Face-à-face TVA. Elle déplore le peu d’attention accordé à l’itinérance et au financement des infrastructures municipales.
Mardi, les chefs des cinq principaux partis s’affrontaient sur sujets comme le coût de la vie, la santé et la souveraineté. Mais les crises jumelles du logement et de l’itinérance ont occupé une part relativement petite des échanges.
«[Le débat d’hier] a à peine effleuré le sujet de l’itinérance et a complètement omis de parler du rôle des municipalités», déplore la mairesse, en marge de la rencontre hebdomadaire du comité exécutif.
Mme Martinez Ferrada souligne que la Ville de Montréal a triplé les montants alloués à l’itinérance. «Mais on ne peut pas se substituer au gouvernement du Québec», lance-t-elle.
Lors du débat, l’échange le plus significatif en matière de logement ou d’itinérance a eu lieu lorsque Ruba Ghazal de Québec solidaire a questionné la promesse du Parti libéral de financer la construction de 40 000 logements sociaux et abordables supplémentaires avec seulement 1,5 G$. Cela représente seulement 37 500$ par unité, alors que les projets de ce type coûtent en moyenne 450 000$ l’unité. D’ailleurs, un projet de logements sociaux et abordables sur le site de l’hippodrome a avorté, faute de financement adéquat.
Mme Martinez Ferrada souligne que les impacts néfastes de l’itinérance coûtent 1,1 G$ par année à l’État, soit 95 000$ par personne vivant un épisode dans la rue, selon un rapport de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Freiner la dégradation des infrastructures
La mairesse aimerait aussi voir davantage d’attention accordée à l’importance d’investir davantage dans l’entretien des infrastructures municipales.
«Vous avez entendu comme moi les villes qui ont uni leurs voix pour sonner l’alarme aux partis politiques en campagne. Nous leur avons demandé de s’engager clairement à financer le maintien de nos infrastructures municipales. Les villes gèrent 60% des infrastructures publiques du Québec avec seulement 8% de l’assiette fiscale», souligne-t-elle.
Seulement à Montréal, il manque 1 G$ en argent public pour maintenir les routes et les aqueducs, entre autres. Selon un sondage dévoilé mardi par l’UMQ, la moitié des Québécois craignent de manquer d’eau dans les 10 prochaines années à cause de l’insuffisance des infrastructures.
«Si rien n’est fait, cela aura un impact direct sur services aux citoyens.»
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal
L’UMQ réclame notamment la création d’un fonds unique réunissant les divers programmes pour les infrastructures municipales.
Selon un rapport dévoilé au printemps par les anciens ministres Nicolas Marceau et Monique Jérôme-Forget, le déficit d’entretien des infrastructures municipales atteint presque 50 G$. Et ce chiffre s’aggrave chaque année.
Lors d’un débat local sur le transport, trois des cinq partis se sont engagés à augmenter les investissements pour le maintien des infrastructures. Le Parti libéral du Québec est toutefois le seul à l’avoir chiffré. Le PLQ compte faire passer la part municipale du Plan québécois des infrastructures de 4,4% à 8%.
