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Culture

Fernando Meirelles: «Quand on perd la vue, on plonge au plus profond de soi»

Jennifer Lesieur, Métro France

Fernando Meirelles a ouvert le Festival de Cannes avec son film catastrophe Blindness, d’après le roman du prix Nobel José Saramago. Trois ans après The Constant Gardener, le réalisateur brésilien plonge une fraction d’humanité dans une épidémie qui rend les gens aveugles et plonge le monde dans le chaos.

Ça fait quoi, d’avoir son film projeté en ouverture du Festival?
C’est un honneur, bien sûr, encore plus quand le film est en compétition ! Comme c’est un film plutôt dur pour une ouverture, c’était courageux de le choisir.

Il paraît que José Saramago a d’abord refusé de vous vendre les droits du livre?
Il avait refusé quand je lui avais demandé en 1998, disant que le cinéma détruisait l’imagination et que cette histoire n’était pas bonne pour être mise en images. Je suis passé à autre chose. Il y a six ans, un producteur canadien m’a appelé en me demandant si je connaissais cette histoire d’aveuglement. La coïncidence était tellement incroyable que j’ai foncé, avant même de savoir comment faire le film.

Blindness parle d’une épidémie qui entraîne la lutte pour la survie et la domination… Sommes-nous nés pour être dirigés?

Quand on perd la vue et qu’on perd le contact avec les choses, on plonge au plus profond de soi. Nous sommes des animaux primitifs, et comme chez les animaux, tout est question de nourriture, de procréation, de dominer les autres. C’est ça, l’histoire : une société réduite à son niveau de base. Gael (Garcia Bernal) crée sa société en volant les autres. Mark (Ruffalo) crée la sienne en restant éthique, mais ça ne marche pas. Si on devait voter pour l’un ou pour l’autre comme président, la plupart des gens choisiraient Gael. C’est lui qui amène la nourriture. C’est très humain.

Au final, la dignité est-elle plus puissante que la dictature?
J’aimerais le croire, mais pour être honnête, si une telle épidémie se produisait pour de vrai, le monde ne serait pas très différent de celui du film. Je pense que la plupart des gens sombreraient. Même si quelques-uns tenteraient de préserver l’humanité. C’est possible. Qu’il reste de la lumière…

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