Mike Ward est reconnu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Tout comme les invités qui feront partie de son Gala Juste pour rire.
Aux côtés de Martin Matte, Jean-Marc Parent, Martin Petit, Peter Macleod, Sylvain Larocque, Dominic Paquet, Étienne Dano, Pierre Hébert et Jérémy Demay, le comique irrévérencieux promet de parler des vraies affaires, sans détour. Sur scène, Mike Ward ne semble pas connaître la censure, et c’est pourquoi Métro s’est entretenu avec lui de la question.
Est-ce que tu t’es déjà censuré?
Chaque fois que je suis à la télé, je fais attention. En entrevue, je ne suis pas comme je suis sur scène. Quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, c’est sûr que je suis plus poli qu’avec un gars avec qui je suis allé à l’école! Ce n’est pas vraiment de la censure par contre.
Est-ce que depuis l’incident Cédrika tes ardeurs ont été modérées? (Rappelons qu’il y a un an, pendant le Gala de Jean-Marc Parent, Mike Ward avait fait une blague sur Revenu Québec, affirmant que c’était eux qui détenaient la petite Cédrika. L’humoriste avait alors reçu des menaces de mort.)
Pas vraiment. Le mois après, je ne voulais pas écrire parce que je savais que j’allais me censurer ou que j’allais être trop agressif. J’ai attendu quelques mois, et là, je suis capable d’écrire en ne me censurant pas. Le numéro n’était pas choquant selon moi. Je me rappelle même que, quand j’ai débarqué de scène après le numéro, j’ai dit à mon gérant : «C’est le fun, c’est le premier numéro grand public que je fais!» Ça montre que, peu importe ce que je fais, je vais tout le temps choquer du monde.
Tu invites plusieurs humoristes de la relève à ton gala. Est-ce qu’en début de carrière, les humoristes ont tendance à moins se censurer?
Au contraire, c’est difficile quand tu commences. Il y a des vieux de la vieille qui te disent : «Ne dis pas ça, dis ça comme ça.» Tu es porté à les écouter et à te censurer. Pourtant, c’est important, quand tu commences, de rester fidèle à toi-même.
Est-ce que tu trouves qu’on se censure trop au Québec?
Non. Moi, je trouve que le problème, c’est que les artistes marginaux sont trop mis dans des événements grand public. Moi, je pense que ce qui a choqué dans le Bye Bye, c’était que c’était un show qui était fait pour un public ciblé et pas pour quatre millions de personnes.
Est-ce que ça pourrait exister, selon toi, un monde où il n’y aurait aucune censure?
Non, il faut se censurer pour ne pas blesser les gens. Disons que, si j’engraisse de 20 livres, je n’ai pas le goût que les gens me disent : «Aye, t’as engraissé!»
Est-ce qu’il y a quelque chose que tu t’es toujours interdit de dire et que tu aurais le goût de dévoiler aujourd’hui?
Moi, je ne me suis jamais vraiment censuré, c’est ça qui est plate. Le show de Patrice L’Écuyer, Des squelettes dans le placard, chaque fois qu’il m’invite, je n’ai rien à dire parce que je suis comme un livre ouvert. J’ai déjà tué quelqu’un, mais ça, je n’en parle pas; c’était un sans-abri et je le regrette!
Gala Juste pour rire
de Mike Ward
Au Théâtre St-Denis
Vendredi et samedi à 20 h