«Ce qui m’a intéressé, c’était de montrer que quelqu’un qui a tout pour lui et qui a toutes les chances de réussir n’est pas forcément heureux», explique le réalisateur belge Geoffrey Enthoven.
En effet, dans son troisième long métrage, Happy Together, le cinéaste raconte l’histoire de Martin (Ben Van Ostade) et d’Eline (Bien de Moor), un couple aisé qui a deux enfants. Les époux vivent une série de contretemps et de mésaventures qui font vaciller l’équilibre de leur famille heureuse. Dans ses tentatives pour préserver sa famille et se préserver lui-même, Martin se trouve lentement pris au piège dans un filet de mensonges et de fraudes. Il finira par commettre l’irréparable…
«Il a tout pour être heureux : une belle femme, des enfants, un bon travail, une belle voiture, une belle maison, souligne le réalisateur. Je voulais essayer de comprendre les choses et d’apporter des réponses.»
Le type de fait divers qui a inspiré ce film se voit de plus en plus fréquemment, et il touche toutes les couches de la société. Pour Happy Together, le cinéaste de 35 ans, diplômé de l’académie des Beaux Arts de Gent, en Belgique, s’est immiscé dans un milieu bourgeois.
«Contrairement à ce que tout le monde pense, les drames familiaux de ce genre touchent tous les milieux sociaux, précise Geoffrey Enthoven. Dans 75 à 80 % des cas, c’est l’homme qui passe à l’acte. J’ai volontairement choisi ce milieu huppé pour que les interrogations soient plus prononcées. Cela permet d’observer pas à pas sa déchéance.» Selon lui, s’il avait choisi un milieu populaire, il serait plus aisé de trouver des explications à cet acte.
À la recherche du bonheur
Dans Happy Together, Martin, un quadragénaire issu d’un milieu ouvrier, a gravi les échelons pour en venir à épouser sa femme, d’origine aisée. Il est fier et orgueilleux, mais il est surtout obnubilé par le fait d’avoir moins que les autres. Geoffrey Enthoven souligne que c’est une question qui nous préoccupe tous, mais que cela peut être très dangereux.
«Martin est dans l’extrême. Il a besoin des autres pour avancer et il se rend responsable de sa famille, de la vie et de la joie de vivre des siens, indique-t-il. Il n’est pas conscient de son bonheur. Il est en perpétuelle frustration.» Geoffrey Enthoven avertit que ce type de personne est très difficile à déceler.
«Dans ce film, on est sans cesse sur la corde raide. Le bonheur n’est pas quelque chose qu’on peut mesurer. Et certaines personnes ne sont pas capables de se rendre compte de ce qu’elles ont.»
Le réalisateur, qui souhaite toucher le spectateur, tente de raconter d’une autre manière ce qu’est le bonheur. «C’est quelque chose de fragile qui est presque devenu un terme commercial. C’est un état très personnel.» En réalité, on perd tous de vue que le bonheur n’est pas quelque chose de continu. «La vraie joie n’est composée que d’instants très courts, de petites choses très personnelles.»
Happy Together sera présenté en première canadienne à l’occasion de l’ouverture de la première édition de l’événement Tapis rouge au cinéma belge. Pendant les cinq jours du tapis rouge, d’autres réalisateurs belges viendront présenter leurs films et partager leur vision du cinéma.
Happy Together
À la Cinémathèque québécoise
Ce soir à 20 h