Dix ans après Le Voyage, Paul Piché revient avec Sur ce côté de la Terre, son 11e album en carrière. Il a planté, ces dix dernières années, 10 chansons qui se retrouvent sur ce disque. Métro est entré dans sa tête pour savoir comment elles avaient germé pour devenir ce qu’elles sont aujourd’hui.
Je pense à toi
«J’ai d’abord pensé à un de mes amis qui est décédé et j’ai composé les premières paroles de «Je pense à toi», en pensant à sa famille qui devait penser à lui sans arrêt. Et je suis resté avec cette émotion-là pendant assez longtemps et ça s’est transféré vers une obsession amoureuse. Finalement, c’est ce que j’ai eu envie d’exprimer, l’engagement amoureux ou la peur de l’engagement amoureux, la volonté de se préserver dans ça. Mais l’obsession amoureuse qui est inévitable et qui est proche des grands mystères de la vie. La vie, l’amour, la mort quoi!»
Arrêtez
«Ça m’a été inspiré par les événements en Espagne, il y a eu un attentat d’Al-Qaida en Espagne il y a quelques années. Le lendemain, les gens étaient sortis dans la rue par millions partout en Espagne et j’avais été extrêmement impressionné par ce courage. Surtout que les gens l’ont fait d’une façon très espagnole, très artistique. C’est devenu une chanson sur le plaisir de manifester, de se retrouver dans la rue, le plaisir de la solidarité. C’est moins noir que ce qui s’était passé en Espagne, mais ça m’a été inspiré par ces événements.»
Rien au monde
«C’est une des rares chansons sur cet album pour laquelle j’avais décidé le thème à l’avance. Toutes les autres chansons, je les ai semées sans trop savoir ce que ça allait donner comme résultat. J’avais envie d’écrire une chanson sur les jeunes qui écrivent des chansons et jouent de la guitare comme quand j’étais jeune. C’est sur l’amitié et le rêve que ça dure toute la vie.»
L’enfant prodige
«J’ai commencé à composer cette chanson en pensant à moi, je pense, parce que ça dit «Je ne suis pas un enfant prodige.» J’ai ensuite pensé à mon enfant à naître et à mes autres enfants que j’ai eus avant. Et j’ai composé cette chanson en pensant qu’il ne fallait pas oublier, quand on les élève, l’amour et la liberté, le jeu. Et ne pas s’enligner strictement sur la performance, que ce soit sportif ou artistique. Essayer de réaliser nos rêves à travers eux, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je pense qu’il faut les laisser vivre le plus librement possible tout en leur montrant la discipline. Ce sont des choses qu’on peut faire en les prenant dans nos bras et en leur disant qu’on les aime. »