C’était il y a 20 ans. François Pérusse arpentait les rues de Montréal à la recherche d’un titre pour des capsules humoristiques «de moins de 120 secondes» que lui avait commandées une station de radio de Verdun nommée CKOI. La veille de la diffusion de sa toute première création, le jeune comique n’avait toujours pas trouvé l’inspiration.
C’est sur la rue Saint-André, dans le Plateau Mont-Royal, que l’éclair de génie a frappé. À la vue d’une femme qui accrochait tranquillement sa brassée de lavage sur sa corde à linge, Pérusse a eu l’idée salvatrice : Les 2 minutes du peuple. «Je suis un gars du peuple, je serai toujours un gars du peuple. C’est avec ça que je suis à l’aise, note aujourd’hui l’humoriste en entrevue. Et quand je dis « peuple », ça n’a aucune connotation péjorative. Je parle de la moyenne des gens. J’aurais pu appeler ça Les 2 minutes des gens, mais ça sonnait moins bien!»
À l’époque, l’humoriste était loin de se douter que ses 2 minutes étaient sur le point de s’étirer sur deux décennies. Et le mois prochain, NRJ – le réseau qui présente ses capsules depuis 2002 – lui rendra hommage dans le cadre d’un grand spectacle à l’Étoile du quartier DIX30, à Brossard. Métro s’est entretenu avec François Pérusse.
En 2010, vous fêtez deux anniversaires très significatifs : vos 50 ans et les 20 ans des
2 minutes du peuple. Lequel de ces événements revêt le plus d’importance à vos yeux?
Les deux sont importants. Mes 50 ans, je ne les sens pas physiquement. Je me sens encore jeune et je m’habille encore comme un p’tit gars : je porte toujours un t-shirt! Quant à mes 20 ans de carrière, je n’en reviens toujours pas. Je suis très gâté.
Vous avez toujours travaillé en solitaire. Après 20 ans, ça ne commence pas à peser?
J’y suis habitué. J’ai toujours fait ça par moi-même, entre mes quatre murs.
Est-ce plus facile de faire une capsule en 2010 qu’en 1990?
C’est aussi long qu’avant. En tout, ça me prend une journée. Les trois quarts de la journée à écrire le truc, et le dernier quart à l’enregistrer. Mais j’ai plus de plaisir à enregistrer aujourd’hui qu’à l’époque des bobines. Je continue à sacrer, mais au moins, je sacre après des appareils plus perfectionnés! [rires]
Vos sources d’inspiration ont-elles changé en 20 ans?
À mes débuts, à CKOI, je m’inspirais de la vie de tous les jours : un gars pis sa blonde, la vie de bureau, l’école, la pub… Après quelques années, j’ai commencé à manquer d’inspiration et grâce au JourNul, j’ai découvert l’actualité. Depuis 2002, je m’intéresse beaucoup plus aux nouvelles dans mes capsules, et j’ai beaucoup plus de facilité à écrire.
Êtes-vous un grand consommateur d’humour québécois?
Pas assez. J’ai dit à ma blonde récemment : «J’aime bien le style de Jean-Thomas Jobin. On va aller le voir!» Et je n’y suis toujours pas allé… Je suis très moumoune quand vient le temps de sortir. Il faut que je me botte le derrière un peu. Mais pour pallier ça, je m’achète les DVD.
Avez-vous déjà envisagé la fin des 2 minutes du peuple?
J’y ai déjà pensé, mais pour l’instant, ça va bien. Les gens aiment ça. C’est gratuit, ça passe à la radio… Je crois que c’est le public qui, en bout de ligne, va décider du sort des 2 minutes du peuple. Si je vois que je tourne en rond et que le monde accroche plus ou moins, ça va mourir de sa belle mort.
Retour au petit écran en janvier 2011
Le mois dernier, on
apprenait que François Pérusse renouera avec la télévision l’hiver
prochain. Dix ans après le JourNul, l’humoriste signera Pérusse cité,
une nouvelle série d’animation qui sera diffusée à l’antenne de
Radio-Canada.
Le comique se fait avare de détails quand vient
le temps de parler de sa dernière création, mentionnant au passage
qu’elle sera présentée en épisodes d’une demi-heure. «Ça fait un an et
demi que je travaille là-dessus, dit Pérusse. C’est la première fois
que j’ai un projet à si long terme. Parce que d’habitude, quand je fais
quelque chose, c’est pour le lendemain.»
Les 2 minutes du peuple
Sur les ondes de NRJ
Du lundi au vendredi à 6 h 10, 7 h 10, 8 h 10 et 16 h 10