Culture

Nathalie Lasselin: 20 000 lieues sous les mers

Jessica Émond-Ferrat - Métro

En langue tlingit, dialecte des Premières Nations de l’Alaska, «Heen Taak» signifie «fond de l’eau». Et les fonds marins, la cinéaste Nathalie Lasselin connaît bien. Mordue de plongée sous-marine depuis longtemps, elle a souvent travaillé comme directrice photo dans les départements cinématographiques sous-marins, en plus d’avoir réalisé quatre documentaires, tous traitant des fonds marins ou de la plongée.

«Dans mon premier film, j’ai voulu démystifier la plongée spéléologique, explique-t-elle. Beaucoup de gens croient qu’il faut être une espèce de G.I. Joe pour en faire, alors qu’en fait, c’est une question de discipline, ça se passe entre les deux oreilles.» Son dernier documentaire, aux dires de la réalisatrice, est son plus «grand public». Elle a exploré les fonds marins de l’Alaska.

«J’ai eu envie, avec ce film, de faire découvrir aux gens un monde auquel ils n’ont pas accès, dit-elle. On a souvent l’impression qu’il n’y a rien dans les eaux vertes et froides de l’Alaska, alors qu’en réalité, il s’agit d’un endroit très important pour notre écosystème.» Si Nathalie Lasselin parle des conséquences de l’action de l’Homme sur la faune marine, elle ne désirait pas pour autant faire un film négatif. «Qui suis-je pour faire la morale à qui que ce soit? Je suis un être humain moi aussi, lance-t-elle. Je n’ai pas fait ce film pour culpabiliser les gens, mais plus pour leur montrer la beauté d’un monde dont on ne soupçonne pas l’existence.»

La cinéaste croit néanmoins qu’il ne faut pas se fermer les yeux quant à la réalité de notre incidence sur la nature : «L’océan a souvent été pris pour une grosse poubelle, parce qu’on ne voit pas au-delà de la surface. Dans une ère où on peut si facilement communiquer, si je peux réussir à faire connaître cet environnement à une ou à 10 personnes, ça sera déjà une réussite!»

Heen Taak
À l’Office national du film
Dès le 7 juillet

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