Angelo Finaldi ne se considère pas comme un artiste, mais bien comme un «entertainer».«Je déteste les gens qui s’autoproclament « artistes ». C’est comme dire : « Je suis beau. » C’est aux autres de le dire! Nous, on est plutôt comme des fous du roi… des troubadours napolitains!» Ce «nous» dont parle Angelo Finaldi, c’est son groupe, Wop Pow Wow, qu’il a formé avec, notamment, Stéphane Tellier, Benoît Charest, Betty Bonifassi, Joéric Farley, Jean-François Bégin, Joannie Labelle et Coco Finaldi, et dont le premier album est paru en novembre dernier.
Rencontré dans son appartement de la Petite Italie, le musicien ne tient pas en place un instant. Il a au moins un million de choses à raconter. C’est d’ailleurs ce qu’il fait sur le premier album (éponyme) de Wop Pow Wow : il a inventé une histoire racontant comment les premiers immigrants italiens sont arrivés ici. Un mythe farfelu qui mêle un village iroquois, Dante, la pizza et des maisons en briques blanches de Saint-Léonard… le tout chanté en napolitain.
« »Wop », ça vient du mot italien « guappo », qui signifie « truand » et qui a été récupéré pour qualifier les Italiens d’ici, explique-t-il. Ce projet traînait depuis longtemps.?Je faisais la musique pour un film de l’ONF, et ma fille Coco commençait à chanter en napolitain dans ce temps-là, donc elle avait participé à mon travail. Une maison de disques avait entendu le résultat. Elle a voulu qu’on fasse un disque, mais ça n’a pas fonctionné à ce moment-là, entre autres parce que Coco était trop jeune à l’époque. Mais l’idée d’un album en italien est restée.»
Le musicien projette donc de faire trois albums avec Wop Pow Wow, «comme La Divine comédie de Dante a trois volets». Les deux autres albums doivent être la continuité du premier, mais cette fois «en langue de Wop» plutôt qu’en napolitain. «Le second va être un croisement entre les influences amérindiennes et italiennes, et le troisième, ça sera la Petite Italie moderne, mettant en vedette un chef de mafia gay…» dévoile Finaldi, sourire aux lèvres.
Un long parcours
Ayant travaillé avec Nanette Workman, Diane Dufresne, Benoît Charest et bon nombre d’autres artistes, Angelo Finaldi n’en est pas à ses premières armes dans le monde du show-business. Tout n’a cependant pas toujours été facile pour lui. «J’ai commencé à fonctionner dans la vie en 2005, confie-t-il. Avant, j’étais dépressif. Presque toute ma vie, je suis allé me coucher en priant pour ne pas me réveiller le lendemain.»
Le projet Wop Pow Wow n’a pas non plus été un long fleuve tranquille. «En 2008, c’était devenu si difficile à cause de divers problèmes que je voulais tout arrêter, se souvient-il. Ben Charest a dû me pousser dans le dos pour que je continue.» Angelo Finaldi rappelle que le monde du show-business a beaucoup changé au fil des années. «Quand j’ai commencé, il y avait beaucoup d’argent et peu de talent, rappelle-t-il. Maintenant, tout le monde est musicien!
On n’a donc plus les moyens qu’on avait. Là, avec Wop Pow Wow, on a des shows, on va faire le Festival de jazz, puis après, je vais voir ce qui se passe. Si ça fonctionne, ça pourrait être un projet merveilleux!» Mais à ce stade-ci de sa vie, ce qui compte surtout pour Angelo Finaldi, c’est de s’amuser avec ce qu’il fait.«Si ça marche et que les gens embarquent, c’est super, dit-il. Sinon… I don’t care! Moi, tant que j’ai du plaisir à faire de la musique, je vais continuer, et si un jour ça commence à m’ennuyer, je vais arrêter, c’est tout.»
L’Italien qui rêvait d’être Allemand
«Je songe à changer mon nom pour un nom allemand, parce que j’ai horreur de mon passé. Que penses-tu de Gunther Lotti? J’aurais bien aimé être Allemand», lance Angelo Finaldi, sourire en coin. On comprend rapidement que le musicien ne se prend pas au sérieux et aime bien l’humour à plusieurs degrés.«J’aimerais ça me mettre tous les Italiens d’ici à dos! s’exclame-t-il.
Wop, en fait, c’est une insulte, c’est comme traiter un Africain de nègre. Pour que mon affaire de Wop marche, il faudrait que je réussisse à créer une espèce de controverse, de hargne de leur côté. Par exemple, jeudi, lors de la dernière partie de l’Italie au Mondial de football, je voulais débarquer dans un café de la Petite Italie avec un drapeau de l’équipe adverse…» Angelo Finaldi avoue n’être aucunement intéressé par la musique traditionnelle italienne «à la Marco Calliari». «Ça m’ennuie de faire ce genre de musique! explique-t-il.?Et puis moi, je parle des Italiens d’ici, ceux qui vivent à Saint-Léonard et qui font de gros mariages à 100 000 $… J’aime bien m’en moquer un peu!»
Wow Pow Wow
Sur la scène Rio Tinto Alcan
Mercredi à 20 h et à 22 h