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Culture

Chromeo: la crème du rétro

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Six mois après avoir fait vibrer le Métropolis, le duo électro-funk Chromeo revient à la charge avec les pièces de son nouvel album, Business Casual. Fidèles à leurs habitudes, P-Thugg (Patrick Gemayel) et Dave 1 (David Macklovitch) ont allègrement puisé dans le répertoire des années 1980. Métro s’est entretenu avec P-Thugg.

Voilà déjà quelques mois que vous tournez avec votre nouveau matériel. Quelle a été la réponse du public, jusqu’à présent?
Ç’a été assez bien; c’est toujours dur de suivre un album qui a obtenu un certain succès, comme notre disque précédent, Fancy Footwork. On s’est d’ailleurs posé plusieurs questions à ce sujet, on a fait beaucoup de comparaisons entre les deux, du style : «Est-ce qu’on a une pièce dans ce style-là? Et une comme ça? Ça, ça fonctionnait bien…» Au final, ç’a été bien reçu. On a inclus une plus grande portion musicale, sans pour autant se prendre trop au sérieux. Je pense que c’est un bon complé­ment au dernier album.

Pour la première fois, vous avez inclus une ballade en français dans cet opus :?J’ai claqué la porte. Est-ce que ça fonctionne bien auprès du public anglophone?
On n’a pas encore osé l’essayer devant des publics anglophones, on est encore un peu gênés par la barrière linguistique qui est un peu dure à surmonter. Cela dit, on a eu beaucoup de feedback positif de gens anglophones au sujet de cette chanson!

En écoutant l’album, on se sent vraiment plongé dans les années 1980. Ça aurait pu être très kitsch, mais pour­tant… ça fonctionne! Quel est votre secret?
Il faut décider où puiser, quoi garder. On doit éliminer ce qui a mal traversé le temps, ce qui est plus quétaine. Il faut savoir déceler quels éléments sont les plus propices à la réinterprétation et à la réactualisation, ce qui va mieux passer dans l’esprit d’aujourd’hui. Il y a des choses qui doivent rester dans les années 1980!

D’ailleurs, vous n’appréciez pas l’étiquette de groupe qui fait de la parodie…
Effectivement! Un groupe qui parodie prend seulement les éléments les plus évidents, les plus drôles, pour créer ses parodies. Alors que ce que, nous, ce qu’on veut faire, c’est trouver les éléments qui peuvent rester accrocheurs, qui sont objectivement bons et que le monde a oubliés.

Quelles sont les influences dans lesquelles vous puisez?
Le funk, le rock, les années 1980… Et ce qui est bien, avec David et moi, c’est qu’on a les mêmes références. On a tellement étudié ensem­ble, en même temps, à la même période, on écoute les mêmes choses… Mais pour se réapproprier ça, il faut être un vrai fan, un vrai étudiant si on veut. C’est comme quand on voit une peinture abstraite et qu’on se dit : «Ah! Il fait n’importe quoi! Il pitche sa peinture n’importe où!» Sauf qu’un vrai artiste, quand il fait ça, tu sais qu’il y a une histoire derrière et qu’il est capable de faire tout le reste aussi. Il faut vraiment connaître ce qu’on fait pour en retirer le meilleur.

Chromeo
Au Métropolis
Ce soir à 21 h

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